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jeudi 15 octobre 2009
Le Comede appelle à la rescousse
par Langlet Marianne


Depuis plus de trente ans, les professionnels de santé, travailleurs sociaux, juristes, psychologues du Comité médical pour les exilés (Comede) à Paris ont reçu près de 100 000 personnes exilées. Ils les ont accueillies, soignées, accompagnées dans leurs démarches administratives. Jusqu’alors, le Comede vivait avec des subventions publiques ; aujourd’hui, face à l’augmentation des besoins, à la baisse des financements et à l’allongement des délais de versement, le Comede lance un appel à la générosité du public et aux fonds privés. Une première pour cette association. Entretien avec Arnaud Veïsse, directeur de l’association Le Comede.


Quelles sont aujourd’hui vos inquiétudes ?

Nous avons deux sources d’inquiétudes : une tendance de fond et la situation financière de 2009. Nous assistons à une augmentation des besoins depuis plusieurs années : l’exclusion, la précarité, les difficultés d’accès aux soins et aux droits des exilés augmentent. Les psychotraumatismes des étrangers accueillis ne trouvent plus de prises en charge dans un dispositif public de soins en santé mentale saturé depuis longtemps. La politique d’immigration a durci les conditions d’accueil et d’hospitalité des exilés en France : nous fabriquons des déboutés, des sans-papiers, là où auparavant les personnes étaient reconnues réfugiées, régularisées. Nous faisons face à une augmentation des besoins dans un contexte au mieux de stagnation des subventions publiques. Au cours de l’année 2009, certaines difficultés se sont cristallisées : nous n’avions pas de réponse de financeurs publics importants et, par ailleurs, les délais de versement ont été tellement longs que nous avons été à découvert pendant dix mois de l’année dernière, la même situation se répète cette année.

Quels financeurs n’ont pas été au rendez-vous ?

Nous avons eu beaucoup d’incertitudes, comme bien d’autres associations, sur le financement de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) pourtant financeur du Comede depuis vingt ans, sous ses diverses appellations. Au début de l’année 2009, elle nous répondait qu’elle ne savait rien de l’avenir de notre financement, puis elle nous a dit qu’il n’y aurait plus d’argent pour la lutte contre les discriminations, ensuite elle nous a demandé d’attendre ou de nous adresser aux préfectures, qui ne financent pas nos types de projet. Nous avions donc une incertitude totale sur les 55 000 € versés par l’Acsé dans notre budget global de 1300 000 €. Nous avons en outre perdu une subvention de 25 000 € délivrée par le Service du droit des femmes et de l’égalité par rapport aux questions de double violence en tant qu’exilées et que femmes vécues par les personnes étrangères que nous rencontrons. Enfin, nous ne savons pas ce que va devenir le groupement régional de santé publique (GRSP) pourtant mis en place depuis à peine deux ans. Il est l’un de nos quinze financeurs. Il faut cependant souligner que nous avons pu compenser ces pertes grâce au soutien de certains financeurs publics comme le ministère de la Santé et notamment la direction générale de la santé (DGS) et l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Et puis, nous avons eu, au cours de l’été, des raisons d’espérer que l’Acsé soit finalement au rendez-vous pour cette année mais, pour l’instant, aucune convention n’a été signée.

Vous arrivez donc à maintenir vos financements ?

Nous gardons notre niveau de financement antérieur mais nous ne faisons pas face à l’accroissement des besoins et nous avons un découvert bancaire de 150 000 €. Il est dû en partie aux délais de versement des subventions. Ils sont parfois démentiels. Le Fond européen pour les réfugiés finance le Comede à hauteur de 300 000 € mais le délai de versement est d’un an et demi après la signature de la convention ! Il est dommage de verser des agios aux banques parce que les subventions publiques ont du retard. Et puis, face à l’accroissement de nos besoins, nous ne pouvons pas creuser à l’infini notre découvert bancaire. Comment boucler notre budget 2009 ? Nous avons décidé, pour la première fois, de faire un plan d’économie qui touche tous les services. Nous diminuons drastiquement l’activité des consultations, nous repoussons de six mois les embauches d’un assistant social et d’un psychologue qui étaient en cours, nous suspendons la parution de notre revue, Maux d’exil, et nous avons donc lancé cet appel à la générosité du public pour parvenir à boucler l’année 2009. Nous sommes actuellement face à l’urgence, mais la question se reposera l’année prochaine. Nous sommes inquiets sur le maintien des financements publics, nous sommes pessimistes sur leur augmentation et donc convaincus que notre développement dépendra désormais de notre capacité à récolter des financements privés.

Post-Scriptum

Article paru dans Lien Social n° 945 du 15 octobre 2009








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