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lundi 6 juin 2016
Le travail social, dans quel état ?
par Yves FAUCOUP


Tandis que des luttes ont lieu partout en France contre la loi Travail, des professionnels et des étudiants en travail social revendiquent ici ou là pour la reconnaissance de leurs métiers ou contre les restrictions budgétaires. État des lieux d’un secteur en grande tension, entre aggravation des situations sociales et volonté des pouvoirs de contrôler ces empêcheurs de « gérer » en rond.


La Commission professionnelle consultative (CPC) du travail social et de l’intervention sociale se réunissait le 23 mai à Paris, dans des locaux du ministère, près de Montparnasse, pour discuter des diplômes éducatifs et sociaux, et de leur réforme. Des manifestants, venus de toute la France (du Var, de Marseille, de Bretagne, et de la région parisienne) demandaient à être reçus. Ils ont eu droit aux gaz lacrymogènes des CRS.

En avril, des manifestations avaient eu lieu à Toulouse pour protester contre la baisse des moyens alloués à la protection de l’enfance. Le Conseil départemental a porté plainte suite à des dégradations à l’encontre de son portail. Des luttes sont menées également en vue d’obtenir des hébergements pour des sans-abri.

Le monde du travail social est en situation très tendue en ce moment, pour de nombreuses raisons : dans une société tellement fragilisée par le chômage et les coups de boutoirs des tenants de l’ultra-libéralisme, les populations morflent. Les baisses de dotations aux collectivités locales, aux associations, le manque de reconnaissance statutaire et financière des professionnels qui vont au charbon et se coltinent la précarité sociale en première ligne, un management trop souvent organisé en dépit du bon sens, font que ça frise l’explosion.

Petit retour en arrière

Après les élections législatives de 2012, le premier ministre, dans son discours de politique générale le 3 juillet, déclare que « le changement passe par la mise en mouvement de toute la société ». Il ajoute que « la justice n’est pas seulement un exigence morale » mais aussi « un facteur de croissance » . C’est beau comme l’antique. Et d’annoncer l’élaboration d’un plan de lutte contre la précarité et une grande conférence réunissant collectivités territoriales, associations et organismes de protection sociale « au coeur de la lutte contre la pauvreté » .

Le jour même, je publiais un billet sur Mediapart où j’en appelais à « refonder l’action sociale » et à « une mobilisation générale » sur ce sujet. Je rêvais à une mobilisation des intervenants sociaux, qui était espérée sous François Mitterrand et qui n’a pas eu lieu. En 1982, rappelais-je, la première ministre de la Solidarité nationale, Nicole Questiaux, déjà co-auteur d’un célèbre Traité du Social, avait lancé une adresse aux travailleurs sociaux les invitant à s’engager dans l’élaboration d’ « une action sociale réellement libératrice » . Je donne des liens en annexe avec ce texte de 20 pages, qui était précurseur et demeure totalement d’actualité. Il a tout envisagé : la prévention, le citoyen acteur, le développement social local. Malheureusement, le tournant de la rigueur de 1983 fit capoter ce qui s’annonçait comme une évolution heureuse des politiques sociales et de leur déclinaison sur le terrain.

La conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale (plutôt que contre l’exclusion, par une volonté de faire positif) eut lieu en décembre 2012. Quelques jours auparavant, j’avais également publié sur ce blog une contribution dans laquelle je listais plusieurs propositions, dont la fin « des discours indignes sur l’assistanat » , le relèvement du montant des minima sociaux, la suppression du RSA activité (et son remplacement par un système fiscal à l’envers, sorte de prime à l’emploi), un dispositif RSA jeunes, un affichage de l’action sociale effectuée par le service public et les associations financées par lui, le renforcement de la participation des « bénéficiaires » des minima sociaux dans les instances qui traitent de leur situation et, enfin, le lancement, après la conférence, d’« une forte mobilisation de tous les acteurs de l’action sociale » .

La conférence se tint avec de nombreux participants, dont des personnalités reconnues comme Bertrand Fragonard, Jean-Baptiste de Foucauld, le regretté Michel Dinet (mais très peu de professionnels de terrain). D’importants documents préparatoires recensaient tout ce qui était souhaitable de faire pour l’emploi, le logement, les minima sociaux. Le mois suivant, le 22 janvier 2013, Jean-Marc Ayrault publiait un Plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Il rendait tout d’abord justice aux personnes victimes de la crise, contraint à faire appel à la solidarité nationale (RSA), s’insurgeant contre les « discours de stigmatisation et de culpabilisation » tenus par certains ténors de l’ancienne majorité, déclarant que ceux qu’on accuse d’être dans l’assistanat souhaitent dans leur « quasi-totalité » en sortir. Ce Plan restait timoré sur le relèvement des minima sociaux : le RSA progressera de 10 % au cours du quinquennat, hors inflation, pour récupérer (en partie seulement) son retard par rapport à la progression du Smic depuis 25 ans. La CMU sera étendue ainsi que les tarifs sociaux « énergie » , des hébergements d’urgence seront créés, et une expérimentation sur le RSA jeunes sera lancée.

Et au coeur de ce pot-pourri de mesures, et sans que l’on sache vraiment pourquoi cette question devait apparaître dans un plan lié exclusivement à la pauvreté, il était prévu d’organiser des « assises de l’intervention sociale » en 2014, après la tenue d’ateliers régionaux tout au long de l’année 2013. Il était alors souhaité que soient dégagées des « bonnes pratiques » en travail social, que soient développés le travail en réseau et la mise en place du référent unique, que l’appareil de formation soit revu en lien avec l’Université, en mettant en synergie recherche, expertise, et coopération internationale. Le modèle des « hautes écoles professionnelles en action sociale » était prôné (s’inspirant en partie des Hautes écoles existant en Belgique ou en Suisse).

Les États Généraux du Travail Social

Les États généraux du travail social (EGTS) ne débutèrent, avec retard, qu’en 2014, dans chaque région. Des thématiques furent proposées afin d’organiser les débats. Plusieurs séquences régionales se tinrent, avec des participants le plus souvent cadres ou formateurs, rarement travailleurs sociaux de terrain. Il me fut possible d’y participer exceptionnellement, sur Midi-Pyrénées, du fait de mes quelques activités de consultant, d’enseignant et de mes écrits sur les questions sociales. Ces travaux sur une année ont débouché sur des rapports transmis au ministère.

Un premier porte sur « la coordination des acteurs » : il prône l’instauration d’un premier accueil inconditionnel, pour contrecarrer le cloisonnement provoqué par l’approche par dispositif. Il s’agit donc de valoriser une approche transversale de l’action sociale. Il milite pour la désignation d’un référent unique (voeu pieux déjà ancien, plus facile à dire qu’à faire). Il demande de s’inspirer des MAIA pour favoriser la mise en réseaux : la volonté de favoriser du lien entre acteurs sociaux est plus que souhaitable, sauf que se référer aux MAIA (maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer) est maladroit quand on sait combien ce dispositif est une création de technocrates centraux, persuadés qu’ils ont tout compris et dispensant leur bonne parole aux intervenants sociaux de terrain.

Un autre sur « le développement social et le travail social collectif » émet le voeu du lancement d’une nouvelle « adresse » aux travailleurs sociaux (du type de celle de Nicole Questiaux) et d’une évolution du travail social (plus individuel) vers des approches de développement social (plus collectif). Il envisage aussi un « choc de simplification » des politiques de solidarité. Et propose de favoriser l’autonomie des habitants en orientant l’action sur le « pouvoir d’agir » des individus et des groupes (allusion au principe de l’empowerment anglo-saxon).

Un des documents porte sur « la formation initiale et continue », souhaitant des troncs communs de formation et insistant sur la formation « tout au long de la vie ». Il souhaite le développement de « la supervision et l’analyse des pratiques ».

Un quatrième est titré « métiers et complémentarité » : il constate qu’il existe 14 diplômes de travail social, et il propose qu’il n’y en ait plus qu’un pour chacun des 5 niveaux de qualification, créant ainsi une filière de qualification complète. Chaque niveau aurait un socle commun, et des spécialités (par exemple au niveau III : diplôme X, avec spécialité accompagnement social ou éducatif).

Un dernier enfin réclamant la « place des usagers ». avec une première proposition, cocasse, consistant à proscrire le mot... « usagers ». Donner priorité à l’accès aux droits, et élargir la représentation des personnes concernées par les politiques sociales dans différentes instances nationales et locales, ainsi que les faire participer aux formations. « Repenser la place de l’encadrement de proximité et des cadres dirigeants dans les organisations ». Et donc repenser les organisations elles-mêmes.

C’est la loi du genre : synthétiser des débats tenus dans 21 régions n’est pas chose simple, et il n’est pas certain que les participants aux EGTS se retrouvent véritablement dans ces documents, plus axés sur les métiers, sur le travailleur social que sur le contexte de son intervention. Par exemple, le diplôme unique par niveau a-t-il véritablement émergé des réflexions en régions ? Pour ma part, j’ai produit, comme on en avait l’invitation, une (longue) contribution (lien en annexe), dans laquelle j’axais mes attentes sur l’organisation des politiques sociales et de l’action sociale, découlant du constat fait maintes fois au cours de ma carrière : les travailleurs sociaux s’affrontent, en général, plutôt bien, avec sérieux et engagement, aux situations préoccupantes éducatives et sociales qui sont leur lot quotidien, pour lesquelles ils sont formés et ont été recrutés. Par contre, ils « crèvent » le plus souvent d’une incompréhension persistante entre eux et les encadrants, entre gestion et action : le cadre d’intervention fait le plus souvent défaut. Un lien est à construire, est à établir entre terrain et central, ce qui suppose crédibilité des manageurs et structure cohérente de l’organisation des services.

Ces remarques ne signifient pas qu’il ne faut pas se pencher sur des questions brûlantes telles que la précarité extrême, les comportements addictifs, l’errance des jeunes, la radicalisation de certains d’entre eux, sur la pertinence de notre dispositif de protection de l’enfance, et s’interroger sur la lenteur des structures et des professionnels à s’adapter à l’évolution des problématiques sociales.

Tentative de réduire le nombre de diplômes

La commission professionnelle consultative (CPC) du travail social et de l’intervention sociale crut pouvoir s’emparer des conclusions des EGTS sur l’évolution des problématiques sociales pour proposer une nouvelle architecture des formations et des diplômes et sortir une invite à réduire le nombre de diplômes à quatre (soit un par niveau). Avec au niveau III, un seul « intervenant social ou socio-éducatif ». Cette contraction, risquant, paradoxalement, de faire émerger le besoin de nouveaux diplômes, fut contestée, entre autres par l’ANAS et l’ONES [1].

De nombreuses craintes se sont fait jour : risque de créer des nouveaux métiers (de coordination par exemple) au lieu de faire appel aux diplômés existants [2], négliger la recherche et laisser tomber les Préfas [pôles de recherche et d’étude pour la formation et l’action sociale] créés en 2008 et inégalement soutenus dans les Régions.

C’est alors que Brigitte Bourguignon, députée, fut missionnée par le premier ministre face aux remous que l’initiative de la CPC avait provoqués : dans son rapport (Reconnaître et revaloriser le travail social), cette assistante sociale de formation initiale a pris ses distances avec ce diplôme unique, mais retient l’idée d’un « socle commun » définissant l’identité du travailleur social (idée en germe, faut-il le préciser, depuis les réformes des diplômes des années 2000, avec deux domaines de compétences désormais communs sur quatre, ce qui demeure relativement ignoré par les professionnels en exercice). Elle suggère une option d’approfondissement en fin de formation (sur l’enfance, ou la dépendance, ou l’insertion). Elle rappelait que les orientations de Nicole Questiaux de 1982 avaient encore toute leur pertinence. Elle souhaitait de ce fait qu’un message politique fort, qui pourrait « faire date » soit lancé politiquement, plus particulièrement dans la dimension « développement social » des métiers.

Suite à ce rapport, Manuel Valls a demandé un plan d’action pour le travail social qu’il a rendu public le 22 octobre, semblant plutôt bien maîtriser le sujet, selon des témoins de sa prestation ce jour-là (il a insisté sur les valeurs du travail social, de fraternité, d’égalité et de citoyenneté). Ce plan comporte encore quelques imprécisions : aller vers un reconnaissance du niveau licence pour les diplômes de niveau III (selon le processus universitaire européen), mais selon les missions (alors que certaines revendications vont jusqu’à demander le niveau Master I) ; un renforcement de la responsabilité des établissements de formation dans la délivrance des diplômes, mais on nous assure qu’ils resteront délivrés par l’État. Et aussi une meilleure implication des usagers, un premier accueil et un référent de parcours, préconisations qui, finalement, ne sont pas nouvelles. Florence Neuville, secrétaire d’État, a cité en modèle les MAIA, dispositif technocratique par excellence, avec cette création calquée sur le monde anglo-saxon pour faire moderne, de « gestionnaire de cas », qui, dans le terme, fait plutôt obsolète, et dans le concret, fait plutôt doublon : ce qui n’est pas de bon augure.

La question d’un rapprochement avec l’Université, souhaitée par beaucoup, comme condition sine qua non d’une reconnaissance réelle des métiers du social, reste en suspend. Avec toujours, au-delà de corporatismes éventuels, la crainte que l’Université ne garantisse pas le caractère très professionnel de ces formations. De même que l’irresponsabilité de l’État sur la question des stages (imposant une rémunération, sans prendre réellement les moyens d’assumer les conséquences : du coup, ce sont les formateurs qui galèrent pour négocier les stages et les étudiants qui angoissent) n’a été qu’à peine abordée.

Pour le moment, tout semble en stand by, comme s’il s’agissait de refiler la patate chaude au prochain (ministre). Un peu comme cela se passe sur le terrain : des projets, des audits, des réflexions ne vont pas à leur terme ou ne sont pas suivis d’effets. Approche au coup par coup des questions d’organisation et de fonctionnement. Mais trop souvent rien dans la durée.

« Porter » politiquement le travail social

Par contre, il a été souhaité un meilleur « portage » politique du travail social. Il faut espérer qu’il en sera ainsi afin de ne pas se focaliser, comme souvent, sur la formation ou le positionnement des travailleurs sociaux mais bien d’interpeller les instances qui les emploient (administrations, associations) : elles ont leurs propres responsabilités dans la crise du travail social. Il importe de mettre fin aux injonctions paradoxales et de faire en sorte que cette mission de prévention, d’accompagnement social et de protection des personnes vulnérables, en collaboration forte avec les bénéficiaires, soient enfin reconnue à sa juste valeur et véritablement mise en avant par les institutions dont l’action sociale est la mission essentielle.

Le portage ce n’est pas faire mine d’avoir des préoccupations sociales, c’est montrer de façon concrète que ces missions sont au coeur de la politique menée. Le portage ce n’est pas tenir des propos démagogiques, dans l’espoir que les travailleurs sociaux, acteurs perçus souvent comme caractériels par certains élus, en seront satisfaits. C’est s’impliquer sérieusement, c’est promouvoir, localement par exemple, des projets de développement social en phase avec le développement économique, culturel, environnemental, et non pas se soucier avant tout de la com’. C’est reconnaître aux travailleurs sociaux une compétence, et non les suspecter parce qu’ils interviendraient sur une chasse gardée des politiques. C’est aussi ne pas mythifier leur pouvoir : dans beaucoup de départements, les élus ont une sorte de peur bleue face aux travailleurs sociaux : parce qu’ils savent « des choses », et parce qu’ils pourraient avoir une influence sur l’électorat !

Par ailleurs, trop souvent le recrutement aux postes à responsabilité, dans un secteur particulièrement difficile où il faut encadrer un grand nombre de professionnels, parfois chargés de missions différentes, se fait moins sur des critères de compétences que sur ceux d’allégeance, si ce n’est carrément de copinage. Sous couvert de modernité, la valeur des diplômes a volé en éclat : pour manager, pas besoin de connaître le social, assène-t-on. Certains décideurs, influencés par l’idéologie dite « libérale » qui tente de phagocyter le secteur avec ces leitmotivs de « pragmatisme » et de « rentabilité ». ainsi que d’ironie sur les valeurs du travail social, poussent le bouchon jusqu’à dire qu’ « il faut surtout ne pas connaître le secteur ». Evidemment, on connaît des travailleurs sociaux qui pour x raisons ne savent pas animer leurs équipes. Mais de là à faire encadrer des travailleurs sociaux par des anciens cadres des Télécoms ou de l’AFPA... Ces nominations sont quelques fois accompagnées de rémunérations exorbitantes (dans les associations ou surtout dans la fonction publique territoriale, sur des postes de contractuels, sur lesquels la Préfecture ferme les yeux, alors que le contrôle de légalité serait intransigeant sur le moindre euro versé en trop à un agent de base).

Attention : cette question de management concerne les cadres eux-mêmes : en effet, des cadres fortement impliqués, reconnus comme tels par leurs équipes, sont confrontés parfois à des cadres supérieurs aux exigences délirantes, prêts à casser leurs subordonnés sans se soucier de leur qualité d’animation mais par simple complexe d’égo (« je suis le chef, point barre »).

Ainsi, l’interpellation est adressée à l’encadrement intermédiaire et surtout à l’encadrement supérieur : il importe de soutenir, d’encourager les capacités de ceux qui sont au front de s’organiser et d’agir.

Trop de rigidités administratives sclérosent les dynamiques de terrain. Si certains travailleurs sociaux ne sont pas prêts à se mobiliser, effectuant consciencieusement, mais sans plus, leur travail, d’autres sont blasés des échecs répétés, des promesses non tenues, des projets qui ont capoté. Mais beaucoup ne baissent pas les bras : envers et contre tout, ils conservent l’espoir d’une action éducative et sociale vraiment libératrice. Et s’engagent partout pour y parvenir (parfois avec un soutien fort de leur institution). Si seulement ces approches éparses, mais créatrices, participatives, réellement partenariales, pouvaient converger !

Alors l’engouement pour les professions du social, connaissant une désaffection dramatique ces dernières années, pourrait ressurgir et les jeunes revenir sur ces professions, signe que le travail social, valorisé, politiquement soutenu et financé, ne serait plus le parent pauvre des politiques publiques mais bien au coeur des valeurs de la République.


Orientations principales sur le travail social, par Nicole Questiaux

Tous les rapports des EGTS, sur le site du ministère

Refonder l’action sociale

Contribution à la conférence nationale de lutte contre la pauvreté

Contribution aux États généraux du travail social, par Yves Faucoup (16 pages)

Dans cette contribution, j’ai développé des idées (que je n’ai pas reprises ici), entre autres sur la nécessité de politiques sociales décloisonnées et d’une action sociale aussi transversale que possible sur les territoires (faisant lien entre social, santé, logement, éducation, culture, environnement). J’ai aussi souhaité que les travailleurs sociaux soient veille sociale et force de proposition, et écrivent sur ce qu’ils constatent et sur ce qu’ils font : ils sont aux premières loges, détiennent énormément d’informations sur la réalité sociale, et n’en font rien ou pas grand-chose (au-delà de leurs interventions quotidiennes). Du coup, ce sont d’autres qui s’expriment sur les questions sociales et sur le travail social. Les médias ont le plus souvent des approches caricaturales, tant sur les questions de la précarité que de la protection de l’enfance (thématiques que je privilégie sur ce blog Social en question), mais il est bien rare que l’on ait une contre-information venant de travailleurs sociaux.

J’ai soumis mon texte à quelques connaisseurs. Jacques Ion, sociologue du travail social (il a été mon prof de socio, passionnant, durant mes études) m’a dit qu’il y avait selon lui deux absences : le care (au moins pour s’interroger sur l’arrivée de ce concept) et l’empowerment, que j’aborde uniquement à travers deux notions qui lui sont liées : l’action collective et le développement social local : « vieille lune déjà évoquée il y a un demi-siècle ». m’écrit-il ! Un autre sociologue, Bertrand Ravon, qui a beaucoup écrit sur les travailleurs sociaux, entre autres sur leur « burn-out ». est lui aussi plus nuancé sur le « développement social local » et carrément opposé à l’idée d’une nouvelle discipline « travail social ». que j’évoque succinctement dans ma contribution. Sujet sur lequel il faudrait revenir. Un ami, directeur de l’action sociale, relève le manque de connaissance des élus en matière d’action sociale : « ils ne connaissent l’action sociale voire un peu le travail social qu’au travers de situations individuelles portées par leurs administrés ». Selon lui, mon texte aborde insuffisamment le secteur associatif (défaut que l’on retrouve également dans le Plan d’action du gouvernement). Si les professionnels ne médiatisent pas suffisamment leur action c’est qu’ils sont soumis à un devoir de réserve. Il faudrait « repenser l’autonomie en redonnant aux usagers la capacité d’agir ». donc pas seulement sur le plan monétaire. Enfin, les départements devraient se dégager du versement du RSA et de l’APA « pour se concentrer sur des actions dynamiques d’insertion, de développement du lien social, de prévention en matière de protection de l’enfance ou encore de projet de territoire ».

Reconnaître et valoriser le travail social, rapport de Brigitte Bourguignon, députée, juillet 2015.

Plan d’action en faveur du travail social, octobre 2015.

Assistante sociale, stop aux clichés, texte d’une étudiante en service social paru sur un blog, circulant sur Facebook, que j’ai partagé avec ce commentaire : « Assister : Juste une précision : assister ne signifie pas faire à la place, mais aider, secourir, accompagner. Étymologiquement, assister vient de ester, qui signifie d’abord se tenir debout : assister c’est soutenir, aider quelqu’un à se tenir debout. C’est le terme « assistanat ». tardif (XXème siècle) qui vient faire dévier le sens, mais « assistant social » c’est être « accompagnant social ». c’est tout faire pour que les personnes puissent rester debout. C’est pourquoi je préfère provoquer et affirmer : Vive l’assistanat ! (dans Le Monde) ».










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5 Références

Travail social
 

ONES. Organisation Nationale des Éducateurs Spécialisés
 

Unifaf : Actus
 

ANAS - Association nationale des assistants de service social
 

Lutte contre l’exclusion
 


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Brochure réalisée par une commission du Conseil Supérieur du Travail Social - CSTS - Octobre 2009
 



Rapport de Madame Brigitte BOURGUIGNON - Juillet 2015
 



Notes

[1] Associations d’assistants sociaux et d’éducateurs spécialisés.

[2] Malgré la réticence affichée des professionnels à l’égard d’une contraction des diplômes, le ministère a créé cette année un nouveau diplôme d’État de niveau V d’accompagnement éducatif et social, fondant en un seul les diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale, d’aide médico-psychologique et d’accompagnant des élèves en situation de handicap. Cela n’a pas provoqué trop de réactions (alors que c’est le modèle que la CPC voudrait développer pour les autres niveaux), peut-être parce que les mobilisations sont plus fortes sur le niveau III (assistants sociaux, éducateurs spécialisés, conseillers en économie sociale et familiale, éducateurs de jeunes enfants, éducateurs techniques).




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