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LIEN SOCIAL - Le Forum social du jeudi








jeudi 12 mai 2005
« Les éducateurs spécialisés : vers une redéfinition de leurs fonctions ? »



« Portraits d’éducs : cinq éducateurs nous font part de leurs sentiments sur l’évolution de leur profession. Ils témoignent de leurs difficultés à concilier attentes et réalités de terrain. Sont-ils partagés entre espoir et désillusion ? »


À la question, pourquoi et comment devient-on éducateur spécialisé, les réponses sont multiples et dépendent du contexte dans lequel a évolué le professionnel.

Le militantisme social

Nous avons tous en tête l’image de l’éducateur post soixante-huitard, baba cool avec les cheveux longs et les sandales, prônant l’idéologie d’autosuffisance et d’autogestion, et dont la volonté était de « bousculer la terre entière, révolutionner les choses à [leurs] niveaux ». Cela se vérifie encore aujourd’hui, certains éducateurs étant toujours engagés dans l’éducation populaire et habités par un militantisme social. Cette volonté de se lancer à l’aventure et de construire un projet de société a longtemps constitué une des principales motivations à l’exercice de la profession. Nous avons le sentiment que les plus anciens regrettent cette époque d’engagement fort et dénoncent un manque de motivation engagée de la part des jeunes diplômés. Roland, éducateur spécialisé depuis 24 ans, déclare qu’« aujourd’hui, les jeunes diplômés sont enfermés dans une sorte de conformisme obligatoire ». Ces derniers associent d’avantage leurs motivations à un côté « c’est sympa d’aider l’autre », qu’à un réel engagement militant. En effet, la formation obligatoire et le cadre institutionnel contraignant formalisent leurs pratiques et réduisent leurs marges de manœuvre. Nous sommes passés progressivement d’une génération de bénévoles dans l’âme, bien que rémunérés, qui fondaient leurs actions sur des motivations personnelles et une certaine générosité, à des professionnels prestataires de services. Le système s’est complexifié, les éducateurs interviennent dans un cadre de règles et de procédures strictes qui s’éloigne de plus en plus de sa vocation initiale d’éducation populaire.
Nous nous trouvons face à un décalage intergénérationnel qui regroupe d’une part « l’ancienne génération » fortement engagée, et d’autre part les plus jeunes éducateurs, animés par des motivations réelles dans un secteur sans risque de chômage.
Néanmoins, certains critères ont toujours influencé l’orientation professionnelle des éducateurs spécialisés. « On n’est pas là par hasard », déclare Loïc, éducateur depuis 17 ans. Beaucoup d’éléments tant personnels que familiaux viennent alimenter ce choix. Alain Vilbrod [1], démontre le fait que devenir éducateur spécialisé est une affaire de famille. Elle constitue un vecteur d’orientation vers un terrain qui ne leur est pas totalement inconnu. En effet, l’environnement familial et notamment l’engagement associatif ou militant au sein de mouvements d’éducation populaire, et les valeurs humanistes sont des critères d’influence déterminants. Les futurs éducateurs spécialisés sont alors partagés entre transmission des valeurs familiales et affirmation des préférences individuelles. Ils vont peu à peu construire leur propre représentation et système de valeurs. La métaphore de l’entonnoir utilisée par Christian, moniteur éducateur depuis 32 ans est une bonne illustration de l’évolution de l’entrée dans la profession : « Imaginez la formation représentée par la partie la plus étroite de l’entonnoir et l’expérience acquise par la partie la plus large. Avant, on se créait d’abord notre propre expérience du terrain, pour ensuite entrer dans la formation, souvent pour la reconnaissance du statut. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit, on passe d’abord par la formation avant d’élargir ensuite au maximum son expérience ». Ainsi, nous remarquons que l’expérience et les valeurs propres à chacun sont les bases communes du métier d’éducateur spécialisé.

La rencontre, un déclic

« Ce sont mes relations et les différentes rencontres que j’ai pu faire qui m’ont guidé vers cette profession », nous confie Didier, éducateur spécialisé depuis 4 ans. En effet, la plupart des éducateurs spécialisés déclarent avoir ressenti un véritable attrait pour cette profession suite à des rencontres, des échanges sur le métier ou l’introduction dans telle ou telle structure. Un tel schéma sert fréquemment de trame aux évocations de l’arrivée dans le métier.

Une profession en mutation

Bien que reconnu par une formation spécifique et un diplôme d’État depuis 1967, le statut de l’éducateur spécialisé reste « hybride », et son mandat « ambigu ». En effet, la décentralisation et la mise en place de politiques transversales ont fragilisé ce corps professionnel. Nous pouvons alors nous interroger sur la profession aujourd’hui. Qu’a-t-elle de commun avec l’éducateur « scout » des années 30 ? Avec l’éducateur « technicien de la relation » des années 60 ? Avec l’éducateur « baba cool » post-soixante-huitard ? Avec l’éducateur « travailleur social » des années 80 ; puis avec l’éducateur « développeur » des années 90 ? [2] Ce questionnement induit alors une évolution des pratiques professionnelles. Comment se traduisent-elles dans la réalité ? Les éducateurs spécialisés affirment aujourd’hui avoir peur d’un certain immobilisme. Ils déclarent par exemple, « l’inactivité des institutions », « un cadre institutionnel rigide » et « l’absence de moyens financiers ». Roland, dénonce « une technicisation de la profession qui fait de l’éducateur un exécutant et non plus un agent », et accuse le poids des procédures de les enfermer dans « une démarche réductrice qui normalise la profession ». Pour lui, les procédures « formalisent la profession », et « tendent à rompre avec la volonté de prise en charge individuelle personnalisée ». Christian affirme à son tour : « Avant, on était maître sur le terrain, on travaillait sur de l’humain, alors qu’aujourd’hui, l’essentiel de notre travail est plus de rendre compte, que de faire et d’imaginer ». Ce constat est repris par Didier : pour lui, la nouvelle génération d’éducateurs s’inscrit dans une culture de l’écrit, en opposition à la culture orale qui a longtemps dominé la profession. Il précise que « les étudiants sont formés au travail écrit », et que sur le terrain, les éducateurs « ont à rendre des comptes, laisser des traces, et donner une forme écrite à ce qu’ils mettent en œuvre ». La rigidité des institutions freine ainsi l’initiative, l’administration est qualifiée de « carcan », et de « sclérosée ». Pour les professionnels, la volonté d’action est indispensable pour lutter contre « l’enfermement » et la « routine ». Pour eux, l’action est la base de la profession, l’éducateur spécialisé doit être volontaire et actif [3]. L’action est perçue comme collective ; Christian insiste sur la nécessité de travailler en partenariat, et sur la mise en place d’actions concertées : « avant on travaillait chacun chez soi, et maintenant c’est un réel travail en partenariat ». Mais l’action passe aussi par un engagement personnel, il s’agit pour les professionnels de « s’impliquer », et de « faire partie du peuple sur le terrain ». Les professionnels soulignent également l’importance de la législation qui implique des changements dans les pratiques. Didier pense qu’« on tend à un cadre réglementaire plus restrictif qui amène à une réduction de la marge de manœuvre des professionnels ». Selon lui, la loi permet d’une part « d’éviter les abus », mais d’autre part « instrumentalise » et « enferme » la profession.
Un autre danger tient à la bureaucratisation liée au développement des professions sociales. Les éducateurs spécialisés estiment que leur travail se politise par l’accroissement des contrôles, des tutelles, et par les nouveaux droits accordés aux usagers. Roland dénonce « un cadre de plus en plus instrumentalisant et utilitariste » et met l’accent sur le poids « des processus d’évaluation et de précaution ». Par ailleurs, l’évolution des pratiques professionnelles des éducateurs spécialisés est à mettre en lien avec les mutations sociétales. De nouvelles formes d’exclusion ont été générées par les difficultés économiques du système. Le nombre de personnes en situation d’exclusion progresse, de ce fait la profession est confrontée à de nouvelles demandes et doit répondre et s’adapter à l’urgence de celles-ci. Loïc, se définit comme « pompier du social ». Il ajoute qu’« aujourd’hui, les personnes attendent de plus en plus de solutions de la part des autres que d’elles-mêmes ». De plus, la formation initiale ne prépare pas à ces nouvelles formes de précarité. Laurence, 27 ans, jeune diplômée, reproche à la formation initiale d’être trop théorique, et de ce fait, ressent un décalage avec le travail de terrain. Celle-ci paraît « comme trop légère par rapport à la réalité », « trop généraliste ». D’après Christian et Loïc, la formation « rassure », « permet de légitimer l’activité comme profession », et « d’acquérir une reconnaissance ». Cependant, elle ne suffit pas. C’est sur le terrain que l’on acquiert de l’expérience, la formation apporte des connaissances de base et des outils, aux éducateurs de les utiliser.
Les transformations importantes des pratiques professionnelles des éducateurs spécialisés amènent alors à repenser et exiger de nouveaux modes d’intervention. Christian remet en cause la dénomination de la profession : « l’éducateur spécialisé est spécialisé mais en quoi ? À quoi sert-il ? Que fait-il ? ». Il considère le terme « travailleur social » comme plus approprié.
La profession connaît des difficultés à définir sa fonction sociale. D’une part, celle-ci est mal comprise par le grand public car « mal connue » et « peu médiatisée ». Loïc déclare avoir à plusieurs reprises entendu la réflexion suivante : « Vous êtes éducateur, mais à part ça vous faîtes quoi dans la vie ? ». D’autre part, l’éducateur lui-même rencontre des difficultés à définir sa fonction, de même que les usagers à définir la spécificité du travail d’éducateur. Les éducateurs Loïc et Christian s’estiment être « la bonne conscience de la société » et « le mercurochrome de la société sur la jambe de bois ».

Quel avenir ?

Les éducateurs spécialisés attendent beaucoup de l’avenir pour obtenir une reconnaissance tant au niveau des compétences que de la profession. Ils souhaitent notamment de meilleures conditions de travail, une revalorisation du statut et une redéfinition de la fonction. Nombreux sont ceux qui espèrent que « les choses vont changer » et qu’« il faut se donner les moyens de construire l’avenir ». Pour Roland, la profession devra s’adapter à la nouvelle situation économique et sociale car ce sont ces facteurs qui la feront évoluer. D’une manière générale, les éducateurs spécialisés estiment que le travail social doit conserver sa spécificité, qui consiste à accompagner les personnes en difficulté ou en voie d’exclusion. L’éducateur spécialisé doit continuer à humaniser sa pratique au détriment de la bureaucratie et rapprocher ses actions en faveur des citoyens et des usagers dont il est responsable.

Delphine Jan, Sophie Kerzerho, Gaëlle Le Gargasson, Céline Pelleter, étudiantes à l’IUP Politiques sociale et de santé publique de l’université Bretagne sud de Lorient

Post-Scriptum

Texte paru dans LIEN SOCIAL n° 752 du 12 mai 2005










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info notes

[1] Alain Vilbrod, Devenir éducateur, une affaire de famille, L’Harmattan, Logiques sociales, 1995

[2] Marie-Christine Helan, « Les éducateurs spécialisés entre individuel et collectif », Collection « Le travail social », l’Harmattan, 2001

[3] Jean-Luc Martinet, « Les éducateurs aujourd’hui », Privat/Lien Social, Dunod, 1993




17 Messages de forum

  • Si les propos relatés dans ce texte témoignent d’une réalité, le texte par lui-même n’est-il pas révélateur d’une propension, dans l’IUP, à confondre politique et météorologie sociale ? Cette confusion, qui peut constituer une forme parmi d’autres de militantisme social, est-elle sans effet sur la réalité observée ?

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  • Bravo pour l’article, je ne suis pas objectif moi-même étant de cette formation en dernière année
    C’est bien de voir que des étudiants ont le niveau pour être publier dans Lien Social.

    Répondre à ce message

  • Bonjour, avez vous regardé du côté du référentiel métier qui accompagne les textes concernant la VAE pour les éducateurs spécialisés et commencent à influencer les épreuves du diplôme d’Etat en Région Ile de France du moins ? Maïté Monfouga

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    • ouf ! je suis très satisfait de savoir que l’article en question, nous interpelle et interpelle le métier de l’éducateur dans son intégrité ?
      la vae parlons - en ! qu’est ce qu’en pense les collègues diplômés dans les grandes écoles d’éducation spécialisée car c’est une histoire des 45 minutes avec les membres du jury ? je suis du Rhône-Alpes !!!!!

      Répondre à ce message

      • l’école d’éducateurs n’est pas une grande comme l’X ou centrale ! soyez indulgent pour ceux qui ont recours à la vae.

        Répondre à ce message

      • pffff !!! 45mins d’entretien avec un jury, c’est tout ! Vous-vous etes reseigner sur le VAE ? Et si par example je suis passé par une grande ecole mais dans un autre pays et l’equivalence n’est pas tout à fait correcte, oh en plus de 10 ans de metier..... 45 mins !

        Répondre à ce message

      • je passe bientot pendant 40 minutes devant un jury pour la vae, bien sur, cela parait tellement insuffisant,mais mon expérience tu en fait quoi ? De plus j’ai passé quelques nombreuses heures pour réaliser mon livret et pour lequel certains membres de jury (de ma connaissance) pensent que c’est souvent plus de travail que pour la réalisation d’un mémoire. Bien sur, c’est comme partout, il faut relativiser ! Et puis, lorsque j’ai fait ma formation de monitrice-éducatrice, je me suis souvent trouvée pour certaines U.F. en même temps que les E.S, donc pourquoi pas essayer par cette voie, mais si je suis un jour vaetiste, je ne le crierai pas sur tous les toits car nous sommes vraiment montrer du doigt par les E.S formés en voie normale. A bientot.

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      • je rappelle que ce sont ces grandes écoles qui accompagnent les personnes dans cette démarche de reconnaissance des acquis et de l’expérience emmagasiné depuis des années, qui loin d’être anodine, fait réfléchir sur sa pratique professionnelle. le travail à fournir pour constituer le dossier est colossal, et pour ma part, si j’avais réussi le concours, j’aurais préféré entrer à l’école. ils sont loin de le donner au rabais ce diplome ! ! alors que les "grands" sortis des "grandes écoles" se rassurent

        Répondre à ce message

  • super les filles ! article très intéressant, que j’ai eu plaisir à lire !
    peut être une carrière de journaliste qui s’ouvre devant vous...
    sandrine

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    A la lecture de ce texte je fus frappé par la représentation caricaturale dressée de la profession qui est la mienne .

    La spécialisation de l’Educateur spécialisé se situe paradoxalement dans sa non spécialisation. Il n’est effectivement spécialisé en rien et peut-être de ce fait davantage en capacité de prendre en compte un peu plus de ce " tout ".
    Aemo,asll,sau,placement familial,chrs,prevention spe,hopital de jour,savs,sessad,Centre de thérapie familiale....etc...etc... les services sont nombreux dans lesquels la profession est représentée. L’analyse et l’action menée y semblerait pourtant a priori si différente. Pas vraiment à mon sens. Cette singularité de la profession réside dans sa force à tenter à chaque nouvelle rencontre de se donner les moyens, d’individu à individu quelque soit le contexte d’intervention, de reconnaître et entendre l’autre comme tel et ce dans toute son immensité pour se permettre de lui proposer une co-marche vers un changement.

    Il y a également une association et une contre-association qui m’ont beaucoup génées dans ce texte :
    - celle de l’experience et de l’engagement.
    - celle de l’apprentissage d’une forme de technicité en formation initiale et du pouvoir "amortisseur " tout relatif qu’il aurait sur ce même engagement.
    Il y a là je pense confusion.

    L’Ethique commence bien avant une entrée en formation qu’elle soit d’educ,d’as,de cesf de boulanger ou de mécano ... .
    Je me permets de vous renvoyer à ce texte sur cette notion très intéressante et très complexe qu’est l’Ethique.
    Elle éclairera bien mieux que je ne saurais le faire mon propos.

    P.M

    source : www.systemique.levillage.org

    ....Il faut toujours avoir à l’esprit que les conceptualisations de l’approche contextuelle sont issues de l’observation et du travail auprès des familles. La légitimité en est un exemple. Elle s’acquiert donc dans la relation grâce à une prise de responsabilité, à une évaluation du besoin, un souci de l’autre. Mais le partenaire s’il est le garant du retour direct éventuel ne manie pas la légitimité. Il n’est pas celui qui octroie la légitimité.

    Qu’est-elle donc ? D’où vient-elle ? C’est la valeur éthique, la qualification, le crédit ou le lot éthique d’une personne. Cette valeur éthique n’est pas un attribut comme le nez sur la figure, c’est un acquis historique en mouvement, gagné par des contributions, des intentions de donner, mais aussi obtenu dans des situations de vulnérabilité non choisies. Acquise aussi par des dommages, des exploitations, de la malveillance. Donnons l’exemple d’un nouveau-né. Ses parents font le choix de faire naître un enfant, ils s’inscrivent dans une intention de donner, de se préoccuper de ce futur être. Ils acquièrent par-là même un mérite. L’enfant lui, subit cette volonté, cette situation de naître. Il obtiendra un crédit, un mérite par le simple fait d’être en situation de vulnérabilité, de dépendance non choisie.

    La légitimité apparaît donc comme un réservoir à plusieurs entrées pouvant même dépasser la vie biologique de la personne puisqu’elle peut s’accroître après la mort grâce aux conséquences de l’héritage des responsabilités prises par le défunt. Pour résumer, la légitimité est un droit qui s’acquiert dans chaque relation par le biais du partenaire mais qui ne provient pas de lui.

    Quels constats cliniques peut-on faire quand cette requalification éthique est présente ? Elle positionne chacun de nous dans les relations nouvelles différemment. Les partenaires s’adressent entre eux dans les termes de cette qualification accessible à l’appréciation des tiers. Mais elle permet en outre, une plus grande sécurité intérieure, une plus grande facilité à utiliser son potentiel intellectuel, physique ou sexuel, une manière de tenir debout plus humainement, de ne pas s’enfermer dans une culpabilité névrotique. Elle est aussi une plus grande liberté d’engagement qui permet de ne pas réclamer immédiatement un dû, de le différer lorsque sa revendication entraînerait plus d’ennuis que de bénéfices.....

    Voir en ligne : source ici :l’approche contextuelle

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  • de Nicolas, éducateur en formation,3e année : "des usagers dont il est responsable..." entre autres incohérences !! Si écrire doit être un challenge à relever pour faire entendre la... "doxa" de la profession,un retour aux fondamentaux, à l’épistémologie semble s’imposer ! Cet article manque à mon sens cruellement de réflexion,de "méta-points de vues"(E.Morin)sur vos représentations et vos pratiques...

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  • Que les éducateurs spécialisés souhaitent se rapprocher des usagers pour être davantage dans l’accompagnement, le "faire avec" est une chose.
    Revisiter les pratiques professionnelles pour améliorer en ce sens les conditions de travail, peut constituer une démarche de professionnalisation nécessaire et permanente. Celle-ci peut sous tendre d’ailleurs un travail sur la valorisation du travail social, la gestion des compétences. Est-ce que cette approche pourrait s’appuyer pour le sens en tous cas, sur la "valorisation des rôles sociaux" de Wolfenberger ?
    Dans le même temps, il me paraitrait plutôt indescent, de parler d’évolution statutaire autrement. En effet, il suffit d’examiner la convention 66 du secteur pour se rendre à l’évidence. Les salariés sont plutôt bien lotis, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de salariés en France. Mais qui en parle ? Revendiquer, c’est bien, mais les avancées ne valent que si elles peuvent être partagées par tous. Améliorer les conditions de vie des hommes et des femmes de ce pays. Vaste projet...Ne sommes-nous pas dans le champ social, voire médico-social ? Qu’en est-il des valeurs réelles ? Le secteur attire les convoitises pas seulement pour des valeurs altruistes, le secteur confère une certaine stabilité professionnel dans un environnement plutôt incertain ou chaucun tend à défendre pour conserver finalement ses intérêts acquis...

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  • Une redéfinition des fonctions de l’educ ? je travail en MAS hospitaliére à Beaumont sur Oise ! avec un fonctionnement hospitalier +++ ; la culture educative fait face à la culture de la santée et le conflit est inévitable. helas conflit sur un terain a dominante santée. imposible de mettre en avant les valeurs educatives, imposible d’être entendu dans nos fonctions, imposible de définir nos fonctions... Quelles sont les atentes de la direction envers les educateurs ? des atentes d’animations, juste cela ! sans prendre en concideration que l’educ n’est pas un anim et que l’animation est UN SUPPORT, un outil de médiation à l’educatif ! le bien être des résidents en subit les conséquences car leurs lieu de vie n’a rien d’une MAS mais resemble à une annexe de la psychiatrie !

    Les MAS sont ouverte à la fonction publique depuis tres peu de temps et il en existe peu ; aucun contole existe pour s’asurer que les "prestations" correspondent bien a ce que doit être une MAS.

    Educateur en soufrance, educateur sous etimé, educateur au placard, educateur simple executant privé de sa capacité de reflexion et de proposition qu’il a appris en formation et sur le terrain !dérive d’un metier, l’infirmier est référent educatif .....

    Coup de geule lié à une réalité de terrain qui est tres inquiettante pour l’avenir d’une profession qui perdra crédibilité et volontée d’engagement

    Si vous voulez me contacter pour apporter un temoignage et pourquoi pas travailler ensemble à cette question j’en serais tres heureux !

    Répondre à ce message

  • accompagner ,proteger des personnes vulnérables......
    Ce n’est pas les rendre dépendantes et les installer dans une forme d’assistance mais bien leur permettre de progresser vers toujours plus d’autonomie et s’épanouir dans les relations
    qu’elles tissent dans leur entourage.
    A nous d’etre plus humble et de s’incliner devant la fragilité de l’etre.
    C’est étonnant comme aujourd’hui on en a après l’assistance !
    pourquoi choisirait-on le contraire ?
    Pourquoi devrions nous ceder devant les délits ?
    l’éducateur a son role à jouer car il défend bien la valeur
    sociale du vivre ensemble ou chacun peut prendre sa place
    naturellement et non pas avec violence ,comme on peut le voir dans beaucoup de situations

    Répondre à ce message

  • Il est toujours aussi marrant de voir des educs débattrent, se poser des questions, se regarder le nomril, un jour chers collégues vous serez ensevelis sous le poid de vos mots..ne craignez rien des faits, ils se moquent de vous, comme vous vous moquez d eux..désolé pour ceux qui vont de l avant malgrés tout. L M

    Répondre à ce message

  • un formateur m’a dit un jour que je contestait naïvement la note obtenue au mémoire : peu importe, vous êtes diplômés maintenant,continuer à "travailler". ferrailler ainsi sur les blogs n’est pas "travailler". Les problèmes que vous évoquez sont réels, c’est les vôtres mais il faut sortir les questions de leurs contextes pour qu’elles soient entendues et ... comprises. Travaillons travaillons...

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