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samedi 24 octobre 2009
Responsabilité éthique du travail social envers autrui et envers la société : une question complexe
par Brigitte BOUQUET


La responsabilité est une notion récente (l’usage courant du mot « responsable » ne remonte qu’au XVIIIe siècle), ambiguë, polysémique et mal définie. Selon Claude Zilberberg [1], le paradigme de la responsabilité est à construire. Cependant la responsabilité est sans cesse évoquée dans nombre de débats contemporains. Paul Valéry [2] estimait d’ailleurs que la notion même de responsabilité était un « maître mot », un terme qui a plus de valeur que de sens. La responsabilité est en effet une notion complexe à la fois morale et juridique qui s’articule sur celle de la liberté humaine.


La responsabilité renvoie à la figure du « vis-à-vis ». Liberté et responsabilité sont très impliquées et la responsabilité serait la condition de la vraie liberté et comme l’a dit Victor Hugo, « Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité ». Que devient cette vision éthique ? On observe que dans les sociétés actuelles, le Droit concernant la responsabilité l’emporterait sur la réflexion morale... De plus, libre-arbitre et déterminisme ne cessent de se poser... La question d’une juste prise de responsabilités est au coeur de positions ambivalentes et chacun se vit écartelé entre d’une part, ce qui oblige - la fraternité, la solidarité, la réciprocité -, d’autre part, ce qui est de l’ordre des possibilités, et enfin entre les réactions de culpabilités ou de victimisation ou de fuite. S’y ajoute la question des articulations de la responsabilité face à la « pluralité humaine [3] » et des responsabilités plurielles partagées, car les modes de représentation et d’exercice de la responsabilité sont inscrits dans un environnement humain (une société, une culture) qui les façonne et les oriente. Dans le fait de la responsabilité se croisent sans cesse le sujet et la société en leurs différentes dimensions.

S’appuyant sur les fondements de la responsabilité éthique, cet article propose une réflexion centrée sur les divers aspects de la responsabilité éthique professionnelle, sans sous-estimer les implications économiques, sociales, voire environnementales, qui influencent le rapport des droits et des devoirs des travailleurs sociaux. Avoir à rendre compte de son rapport à soi, à autrui, aux choses du monde, c’est mettre l’effectivité de la responsabilité simultanément, dans un système de valeurs irréductibles, dans un cadre institutionnel, dans le contexte social. Aussi seront abordées les responsabilités éthiques de chacun, les responsabilités éthiques à l’égard des usagers, les responsabilités éthiques envers les institutions employeurs, les responsabilités éthiques vis-à-vis de la société...

RESPONSABILITE ETHIQUE : RAPPEL DES FONDAMENTAUX

Résumons brièvement qu’étymologiquement, le terme « responsabilité » provient du verbe latin respondere qui signifie obligation de « répondre », se porter « garant ». Ce mot trouve aussi son origine dans la racine latine sportio qui recouvre l’idée de se porter caution, d’être garant d’événements qui vont se produire, de se référer à un mécanisme projectif, tourné vers l’avenir. Enfin Respondeo veut dire « je deviens responsable en répondant - par l’action ou par la parole - à l’appel de quelqu’un ou de quelque chose », mais ce terme a également le sens de « comparaître devant un tribunal ».

Sous le premier aspect, être responsable, c’est apporter son concours à une autre personne, ce qui suppose fraternité et solidarité, une relation éthique. Le « je veux » précède « je dois ». Être responsable individuellement, c’est être capable d’assumer sa liberté et les situations correspondantes [4]. Mais la responsabilité se situe surtout par rapport aux autres. C’est les assumer avec leurs demandes. Il existe donc un partage au sein de toute personne entre responsabilités « égoïstes » et « altruistes ».

Sous le second aspect, être responsable, c’est être redevable de ses actes devant la loi, dans une relation juridique.

Le terme « responsabilité » comporte ce double sens et signifie répondre devant une autorité souveraine (tribunal intime de la conscience ou tribunal externe institué). Il y a ainsi être responsable et être tenu pour responsable, deux principales formes de responsabilité suivant l’autorité devant laquelle on doit répondre : la responsabilité morale vis-à-vis de son for intérieur, fierté de l’homme libre, possibilité pour chaque être humain de s’accomplir ; et la responsabilité sociale qui peut être une responsabilité professionnelle, une responsabilité pénale ou civile, une responsabilité politique... Cependant, on ne peut être responsable que lorsque l’action a au moins un élément de liberté, car rappelons que liberté et responsabilité sont intrinsèquement liées.

Dans « l’Éthique à Nicomaque [5] », Aristote pose le principe de la responsabilité, il affirme que l’homme doit répondre de ses actes dès lors qu’il en a pris l’initiative et qu’il est même responsable de son irresponsabilité. Répondre présent, répondre de l’autre - c’est du visage de l’autre que naît le sentiment de responsabilité -, considérer toujours une personne en tant que fin (le visage bouleversant d’une personne saisie dans le face à face, selon Emmanuel Levinas [6]), tel est le premier contenu de la responsabilité éthique personnelle d’un individu, libre et pleinement conscient. Dans Soi-même comme un autre [7] en réponse à son interrogation « Que faut-il faire pour atteindre la vie bonne avec autrui et pour soi-même ? », Ricoeur en appelle également à une éthique de responsabilité ; celle-ci a pour rôle d’examiner la situation qui pose problème, passer la décision au crible de la loi morale afin d’éviter une aspiration trop individuelle et de revenir à « l’intuition fondamentale de l’éthique », c’est-à-dire à l’esprit du devoir que seul le discernement peut apprécier. Il souligne que la souffrance des victimes crée des obligations pour les autres. « La souffrance oblige, dit-il, elle rend responsable ses témoins. Le premier droit est ainsi du côté de la victime. Son droit est d’être reconnu ». À ce droit originaire correspond l’obligation inconditionnelle de porter secours. « Ce devoir, selon Ricoeur, est un impératif catégorique qui dérive de celui, plus formel, de traiter les personnes comme des fins et non pas seulement comme des moyens ». Ainsi, le souci d’assumer son existence et le devoir d’en porter les conséquences, l’existence ne sont pas séparables des autres existences et au sein de toute personne coexistent une responsabilité de l’ego et une responsabilité altruiste. Cependant, dit-il, « Entre la fuite devant la responsabilité des conséquences et l’inflation d’une responsabilité infinie, il faut trouver la juste mesure et répéter le précepte grec : "rien de trop" [8] ».

Les travailleurs sociaux peuvent-ils s’accorder - en dépit de leurs identités professionnelles différentes et de leurs emplois très variés - sur cette question majeure de la responsabilité éthique ? La réponse devrait être positive puisque le travail social postule le principe de la primauté et de la valeur de la personne, de sa singularité... En ce sens, ils rejoignent P. Ricoeur qui énonce que « le noyau éthique est la rencontre [9] » et que tout repose sur le caractère inaliénable de la personne. La responsabilité éthique est bien d’abord aptitude à être affecté par l’autre et à vouloir qu’il soit lui-même.

RESPONSABILITE ETHIQUE ENVERS LES USAGERS : UN ENGAGEMENT

Pour le professionnel, à cette responsabilité personnelle s’ajoute celle de la fonction. La responsabilité éthique personnelle se conjugue en effet avec la responsabilité éthique professionnelle. Pour cette dernière, la responsabilité éthique est une charge voulue, entraînant la prise de décisions partagées avec l’usager et obligeant celui qui en est investi à rendre compte de ses actes et de ses résultats à ceux qui la lui ont confiée. Qu’il l’ait choisi ou non, le travailleur social est responsable des actes qu’il accomplit dans l’exercice de sa fonction professionnelle, même si les références éthiques sont pluralistes : respect de la dignité de la personne qui se rattache à la tradition Kantienne ; devoir de solidarité, qui a été prôné par Léon Bourgeois ; principe de bienfaisance qui est de tradition anglo-saxonne ; principe de justice développé par Rawls, etc.

La responsabilité éthique envers les usagers est aussi une responsabilité en situation qui réunit dans l’action, le savoir, le pouvoir, le vouloir [10] : Le savoir se réfère à la conscience (conscience de ses rapports à soi, à autrui, aux choses du monde) dans un environnement humain où le professionnel connaît les implications de ses actes ou de ses omissions. Le pouvoir concerne la capacité de modification appliquée à « l’espace-temps » humain. Le vouloir concerne la décision d’engagement dans l’action ou l’abstention. La responsabilité émerge de leur articulation et reste de ce fait relative.

« Au commencement est la relation », selon la formule de Bachelard, et la relation est en écho à celle de réciprocité des personnes, celle de responsabilité exercée unilatéralement de l’un sur l’autre. Puisque la responsabilité éthique est de faire advenir le Sujet en soi-même et chez autrui (rappelons que chez Ricoeur, la pensée du sujet ne se limite pas à la réflexivité du cogito mais implique aussi son agir), toute relation professionnelle véritable est processuelle, singulière, chargée de potentialités et de singularités. Elle est un événement dont on ne peut totalement déterminer les limites, les formes et les conséquences, car elle admet l’imprévisible, la création. Elle est une relation dans laquelle les valeurs de liberté, dignité, fraternité, égalité se conjuguent. « Dans le contexte de mise en question des valeurs, la responsabilité en éducation se définit comme une éthique de la non-immédiateté et donc de l’engagement, comme une éthique de la singularité dans une adaptation réciproque du rapport éducateur-éduqué et enfin comme une éthique du don qui doit aller jusqu’à l’abandon de soi-même car l’éducateur doit, en fin de compte, faire le deuil de sa propre fonction allie respect, solidarité et responsabilité [11]. » Cette posture morale est engendrée dans et par les activités reliées au souci de l’autre, en situation concrète, et implique donc, une connaissance des situations qui la rendent possible ou lui font obstacle. La responsabilité du travailleur social vis-à-vis des personnes, c’est avoir de la prudence en même temps que de l’audace, et une volonté de déboucher sur le champ des possibles.

Dès lors, la responsabilité éthique envers les usagers a plusieurs volets qui s’entrecroisent :

Responsabilité professionnelle envers Autrui
Construction du Sujet Modalités Moyens Engagement professionnel

Difficulté à être sujet

Devenir Sujet agissant

Passage à la liberté et à l’autonomie


A-venir ; advenir ; susciter

Ouverture, irruption des possibles

Processus


Parvenir à ; produire

Circonstances apprivoisées et dominées

Activité


Souci de l’autre

Capacité à traduire le sens

Capacité à proposer un cadre structurant

Action "juste"

À travers son apparition première sous la figure de l’étranger, dans la vie quotidienne avec le partage d’un monde commun, dans la relation privilégiée où il est le proche, et dans la relation professionnelle d’acteur-sujet, le regard d’autrui possède le pouvoir d’interpeller, de questionner, l’appel d’autrui précédant toute réponse, devançant toute liberté, selon Levinas ; autrui est une personne, un être libre ayant une conscience et une dignité, et une fin en soi, comme le dit Kant. L’accompagnement social est bien à baser sur une éthique de la responsabilité avec la visée de permettre à chacun, quel que soit le niveau des difficultés qu’il rencontre, de faire des choix responsables. Cette éthique cherche et vise à éviter les dérives possibles de l’assistance ou du contrôle social.

Cette responsabilité est chaque jour en oeuvre en même temps qu’elle est anticipative et se conjugue avec « le futur antérieur ». Car l’étendue de la responsabilité suppose une grande lucidité qui voit bien au-delà de l’immédiateté, pour anticiper des conséquences lointaines dans le temps et l’espace. La responsabilité éthique envers les usagers est donc double, à la fois individuelle et sociale, en raison des répercussions et des conséquences que les actes professionnels peuvent avoir sur d’autres personnes. Car au devoir d’écoute et d’aide des personnes dont on a la responsabilité professionnelle, s’adjoint de plus un devoir de sollicitude allant vers toute personne en difficulté.

Or, bien souvent, face aux situations difficiles, on observe que les notions de responsabilité, de culpabilité, de défense, sont confondues les unes avec les autres. Du « ce n’est pas ma faute, où la lâcheté tend à projeter sur les autres la responsabilité qu’on refuse » [12], où l’on se positionne comme victime, aux « je me sens coupable » - « homme de la mauvaise conscience » dit Nietzsche [13] -, où l’on se croit fautif face à autrui auquel on pense devoir infiniment et démesurément, la prise de responsabilités est souvent malmenée. Entre les deux extrêmes, qui se caractérisent d’un côté, par le repli et l’immobilisme par crainte du risque et de la responsabilité, et de l’autre, par le travail social qui se croit responsable d’enrayer la misère du monde, l’équilibre est délicat et suppose chez le professionnel un pouvoir d’écart et de distanciation vis-à-vis de ses propres fonctionnements et des déterminismes extérieurs ainsi qu’une hiérarchisation des enjeux de la responsabilité. Comme le dit Pierre Gire, « La prudence, la sagesse pratique impose, en style ricoeurien, de plaider pour la recherche d’un équilibre entre la responsabilité toujours liée à l’idée d’une faute personnelle et la solidarité où il y a partage des risques [14]. »

PROFESSIONNELS ET INSTITUTIONS EMPLOYEURS :
UNE RESPONSABILITE ETHIQUE PARTAGEE

La responsabilité du travailleur social s’exerce avec d’autres, dans un métier qui a ses attendus et sa propre culture, et dans des institutions qui ont leur cadre de références. Au sein de l’institution employeur, l’exercice de la responsabilité est le fait de tenir son poste de manière optimale, et la responsabilité éthique partagée est à la fois dans l’institution envers la personne, et de l’institution envers la société. Or, dans la période où les politiques sociales et la crise sociale et économique contribuent plus fortement que jamais à demander et valoriser les compétences individuelles des professionnels, façonnées par différents facteurs (la formation initiale, le public accompagné, le lieu d’exercice) et qui structurent des identités professionnelles cloisonnées, il importe de rappeler la nécessaire prise de distance de l’injonction à l’action individuelle. Il faut repenser la nature de cette responsabilité professionnelle et les formes d’organisation qui la favorisent.

La responsabilité singulière envers la personne dans l’institution

La démarche élaborée par Max Weber [15] avec l’éthique de responsabilité (quels sont les enjeux de la situation, les responsabilités auxquelles fait face l’institution ?) et l’éthique de conviction (le fonctionnement et les objectifs solutions sont-ils compatibles avec les valeurs personnelles ?) se pose particulièrement ici.

Au sein de l’obligation institutionnelle pour le travailleur social - qui comprend de mener des actions répondant aux problèmes des personnes, de s’acquitter des tâches nécessaires et de répondre de leur exécution à l’autorité compétente, suivant des critères établis -, la responsabilité éthique est une charge à assumer, qui prend garde à la réalisation des personnes vis-à-vis desquelles on est moralement engagé, tout en prenant en compte leur histoire, la mémoire du passé et le projet. L’action, au-delà de l’immédiateté ou de l’urgence, est à définir ensemble, avec la personne, particulièrement avec un choix de valeurs qui fait sens, et non seulement sous la forme de planification pratique. Exercer sa responsabilité, c’est aussi pour le professionnel, éprouver la joie d’exercer, d’aider. Car la responsabilité exercée à bon escient revêt un aspect mis en évidence par Nietzsche [16], à savoir la fierté de mettre en oeuvre ses capacités, « la fière connaissance du privilège extraordinaire de la responsabilité, la conscience de cette rare liberté, de cette puissance sur lui-même et sur le destin  ».

La responsabilité contractuelle du travailleur social envers l’institution pose le problème de la liberté formelle et de l’autonomie réelle. Toute pratique professionnelle s’inscrit dans un cadre et la qualité de ce cadre conditionne la qualité de la pratique. Le travail social nécessitant une relative autonomie technique, pour pouvoir être responsable, il lui faut avoir la liberté de ses actes et les capacités d’exercer cette responsabilité. L’exigence d’avoir un cadre de travail adéquat, des moyens et une reconnaissance pour répondre à la mission demandée est donc légitime pour ne pas être obligé d’endosser une pseudo-responsabilité qui ne peut être assurée et de pouvoir poser la délimitation au-delà de laquelle la responsabilité n’appartient plus au professionnel, mais aux institutions et aux politiques.

De même, si les champs où s’exerce la responsabilité des personnels d’encadrement sont multiples - dans l’action quotidienne auprès des équipes, dans le management des services et la gestion des ressources humaines, dans le développement et l’amélioration de la qualité du service, dans les actions visant à rendre compte des politiques engagées localement ou nationalement - il s’agit autant, sinon plus, de responsabilité éthique, bien que la responsabilité juridique soit celle qui est le plus prise en compte.

Quant à l’institution, elle a envers les usagers (chacun en singularité et tous au pluriel) une responsabilité de mission. Celle-ci nécessite de définir des missions claires et d’avoir une éthique de service. Il y a bien responsabilité par la mission confiée, sous la forme à accomplir selon les règles, ce qui touche à l’organisation comme à la mise en oeuvre des réponses. Dès lors qu’il y a action, il y a responsabilité dans la mesure où à l’action est apposée une fin poursuivie ; ce qui veut dire une connaissance étendue des implications de l’action. Ainsi les institutions conscientes, réfléchies, ont à permettre aux personnes de poursuivre leur humanisation en creusant toujours plus loin et plus profond le sillon de la « relationalité » qui, selon G. Simondon [17], remet en question le paradigme de « l’être-individuel ». G. Simondon place comme proposition centrale que « l’être est relation », que « toute réalité est relationnelle » donnant ainsi une dimension plus large, plus profonde, c’est-à-dire « ce qui fait être » ; cette perspective impose le caractère profondément actif de la mise en relation et de ce qui en émerge. Enfin, la responsabilité de décider ne peut se concevoir que partagée (un amalgame est souvent fait entre « responsabilité » et « autorité », mais ces deux notions sont de nature différente [18]).

Pour synthétiser, dans la hiérarchie des décisions, il y a une échelle de la responsabilité, des degrés de responsabilité. Ainsi, dans les institutions, structures de plus en plus complexes, la « relationalité » [19] est au coeur de la rationalité, et les deux se conjuguent dans les réponses éducatives, cliniques, juridiques, sociales. Il s’agit de s’engager et d’assumer collectivement une charge et d’en répondre ensemble, sans pour autant qu’il y ait dilution des responsabilités.

La responsabilité particulière de l’institution envers la société

L’institution sociale s’inscrit dans la société par la médiation de ses missions. Secteur extrêmement sensibilisé à la problématique de la responsabilité professionnelle du fait de sa fonction envers les enfants, les jeunes délinquants, les handicapés..., elle a la responsabilité éthique quotidienne, pragmatique, de faire apparaître ou donner un sens moins difficile à leur vie, et tout en intégrant leur vulnérabilité et leur fragilité, de veiller à faire « ce qui rend la vie digne d’être vécue » selon l’expression de Wittgenstein [20], à mettre en oeuvre une éthique de la fragilité et du respect [21], prenant en compte l’autonomie, les ressources et les savoirs des personnes, leur dignité et reconnaissance. Le travail social a bien un rôle de (re)donner les capacités de responsabilisation (au sens éthique) et d’intégration sociale.

De plus, lieux intermédiaires où se repèrent les facteurs de crises et de difficultés sociales à traiter soit au titre de l’action préventive, soit au titre de suivi d’une intervention, les institutions sociales constituent le maillon indispensable d’une grande chaîne de la solidarité. Avec la nécessité d’articuler le technique et le politique, la solidarité institutionnelle s’étend du face-à-face où elle s’origine le plus souvent, jusqu’aux lieux plus éloignés, dans la relation avec l’ensemble des citoyens.

Ainsi, en développant une intervention sociale avec les valeurs qui la sous-tendent, en réfléchissant à la prise en compte des causes des crises appelant l’intervention et en menant une recherche professionnelle sur les difficultés qu’ils rencontrent, le travail social et les institutions sociales prennent la responsabilité éthique de contribuer à l’humanisation de la société, de concert avec les finalités du milieu associatif, syndical, les collectivités locales et l’État.

RESPONSABILITE ETHIQUE COLLECTIVE ET PLURIELLE
VIS-A-VIS DE LA SOCIETE

Si la responsabilité individuelle est la forme originelle de la responsabilité car elle découle de la conscience elle-même, la responsabilité collective en est la forme sociale. À la responsabilité personnelle et professionnelle, s’ajoutent celle du collectif professionnel d’appartenance, et enfin celle de citoyen, qui allie la responsabilité individuelle à la responsabilité plurielle, et pose la question de « jusqu’à quel point sommes-nous capables d’assumer l’humanité ? ». La responsabilité sociale s’ouvre à l’universalité du « vivre-ensemble », à l’humanité elle-même.

Puisqu’il y a indissociablement individu singulier et individu collectif, la liberté individuelle est d’autant plus grande qu’existe une solidarité collective forte. « Le besoin d’autonomie va de pair avec celui d’appartenance au groupe social. [...] Être social, c’est un être qui a besoin de la société des autres hommes [22] ». De ce fait, l’éthique du travail social ne peut pas être pensée en dehors de la sphère économique et politique, de l’extension des territoires, des nouvelles missions et implique que l’éthique de la responsabilité vise l’engagement dans la modification des situations sociales et sociétales, l’émancipation collective. Car, pour que la faculté d’agir - faculté politique par excellence - se réalise dans l’une des formes nombreuses et variées de la communauté humaine, il faut une vie collective.

Dès lors, deux caractéristiques sont présentes dans toute responsabilité collective : participer à un collectif qu’aucun acte volontaire de notre part ne peut dissoudre, et être tenu pour responsable de son action même si l’on n’y a pas contribué.

En tant que membre d’une collectivité, l’individu participe à la responsabilité de celle-ci dans la mesure où non seulement il a participé à son activité, mais aussi dans la mesure où, par son abstention, sa passivité, voire peut-être sa lâcheté, il a laissé accomplir des actes que le droit ou la morale condamnent. « Il existe une responsabilité pour des choses que nous n’avons pas commises, mais dont on peut néanmoins être tenu pour responsable [23]. »

En tant qu’ils ont une réalité propre et une personnalité morale et juridique, les groupes et collectivités peuvent être tenus pour responsables.

Alors qu’on observe un recul des idées de solidarité et de responsabilité collective au profit de l’individualisme, parler de responsabilité collective signifie donc que les actes et attitudes entraînent des conséquences qui vont peser sur l’ensemble de la communauté. Dans une éthique positive de la responsabilité où chaque personne trouve sa liberté dans sa capacité à s’auto-contraindre, la question de la responsabilité éthique se pose aujourd’hui comme une « éthique des conséquences ». La responsabilité collective fait appel à l’accessibilité vers des mondes possibles, des mondes admissibles [24].

Pour ce faire, la responsabilité collective professionnelle implique une coordination, une mutualisation des efforts, une répartition rationnelle des moyens, des outils pertinents. De plus, elle s’inscrit dans la durée sous peine de se restreindre à des sursauts d’émotion et de céder à la logique médiatique de l’instantané. Comme on est infiniment responsable par rapport au temps et au futur [25] et que l’expérience de l’altérité est celle de la vulnérabilité de l’autre homme et solidairement du sentiment de ma responsabilité envers lui [26], il importe bien de comprendre et d’appliquer cette responsabilité dans toute son extension.

LA RESPONSABILITE ETHIQUE ILLIMITEE ? UN DEBAT

Mais les hommes sont-ils naturellement responsables en toutes circonstances ? Est-il possible de tout assumer ? Le débat est vif sur ce point. À vouloir trop insister sur les capacités de l’individu, ne risque-t-on pas de déconsidérer la réalité complexe de l’insertion sociale de l’être humain ? Les actions personnelles et professionnelles sur les personnes n’ont-elles pas des conséquences qui excèdent toujours les intentions ? Ne sous-estime-t-on pas le contexte social traversé par des systèmes de normativité et des logiques économiques, politiques, culturelles ? N’ignore-t-on pas les difficultés différentes de la responsabilité plurielle qui, dans l’optique de « l’État minimaliste », se trouvent face à la solidarité organisée de manière plutôt parcimonieuse et résiduaire, et dans celle de « l’État constructiviste », face à la solidarité décrétée et plutôt procédurière ? Que penser des diverses conceptions de la responsabilité : responsabilité sans faute, responsabilité-dette, responsabilité-promesse, responsabilité partagée... ?

« Comprendre aujourd’hui la responsabilité, c’est avant tout saisir comment s’articulent, se complètent et se contredisent des modèles complexes. Comment ils imprègnent nos intuitions morales, comment ils se sont incrustés dans les structures du monde vécu et stabilisés au coeur des dispositifs systémiques [27]. » Il est donc important de dénouer l’écheveau des responsabilités multiples et il y aurait nécessité d’introduire de la mesure dans l’illimité de la responsabilité pour l’autre, en raison du social et du politique, d’être dans « une démarche de radicale modération [28]. »

Prenons deux exemples : Comment penser la responsabilité éthique, face aux injonctions politiques qui fusent de toutes parts pour placer chaque individu dans une logique de responsabilisation et qui notamment s’expriment sous forme de politiques dites « d’activation » ? « L’attitude face aux inégalités représente ainsi une expérience sociale cruciale dans la société moderne, première formation sociale dans laquelle l’individu peut se voir attribuer la responsabilité de son destin, mais dans laquelle en même temps les déterminations objectives, l’argent, la naissance, les différentes sortes de " capitaux" au sens de Bourdieu continuent évidemment - et plus ou moins selon la place que l’on occupe dans la stratification sociale - à peser sur ce destin » [29]. Autre question : Comment penser la responsabilité éthique dans une société où la notion de risque prend de plus en plus d’importance ? Doit-on raisonner prioritairement en termes de gestion de la sécurité ou d’apprentissage de la prise de risque ? Au risque d’avoir juridiquement tort et moralement raison, comment dépasser la contradiction entre les intentions éducatives et le contexte sécuritaire ?

La prudence, la sagesse pratique imposeraient de plaider pour la recherche d’un équilibre entre la responsabilité liée à l’idée d’une faute personnelle et la solidarité où il y a partage des risques. De même, dans une société où tout droit de prestation est de plus en plus subordonné à un devoir à remplir, la « tertialité » régulerait la responsabilité car « Entre la proximité du prochain et l’illéité du transcendant, la tertialité inaugure la justice, l’entre-nous de la communauté politique. Elle permet le passage de l’exigence éthique de la responsabilité à l’ordre politique de la justice et de la liberté [30]. »

POUR CONCLURE...

L’Éthique lie liberté et responsabilité. Être responsable est une des conséquences de la liberté et une des conditions majeures de la « vie bonne ». Ainsi, une liberté responsable caractérise la personne qui s’auto-contraint pour des raisons supérieures. De plus, la responsabilité est infinie, elle tient à ce qu’il y a de meilleur et de plus exigeant, à la fois dans l’ordre individuel et dans l’ordre collectif. Enfin, si la responsabilité individuelle est la forme originelle de la responsabilité car elle découle de la conscience elle-même, la responsabilité collective en est la forme sociale. Bref, la responsabilité concerne chacun, en tant qu’individu, parent, professionnel, citoyen et citoyen du monde. Elle est simultanément singulière (la personne), particulière (l’institution), et universelle (la visée de la vie humaine).

Cependant, si la responsabilité devient une valeur éminente en pleine expansion, le débat actuel porte sur la nature de cette responsabilité et la difficulté de l’assumer, car la responsabilité humaine est toujours insérée dans « l’espace-temps » de la finitude de l’être et de l’agir. Singulière, la responsabilité rend la personne faillible ; particulière, dans une société baignée de conditionnements, la responsabilité rend le citoyen vulnérable ; universelle, dans la contingence mondiale, la responsabilité est prise dans une dialectique de destruction/création.

Il s’agit donc de ne pas cesser de poursuivre la pensée éthique de la responsabilité afin de la rendre le mieux possible opératoire.

Post-Scriptum

Article paru dans la revue VIE SOCIALE. - N°3/2009. - Intitulé "La responsabilité, entre philosophie, éthique et droit".








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info notes

[1] Claude ZILBERBERG, « De la responsabilité », Nouveaux actes sémiotiques, oct. 2007.

[2] Paul VALÉRY, Cahiers, tome I, Paris, Gallimard (La Pléiade), 1973.

[3] Gérôme TRUC, Assumer l’Humanité. Hannah Arendt : la responsabilité face à la pluralité. Ed. de l’Université de Bruxelles, 2008. Dans cet ouvrage, G. Truc aborde la pluralité, au sens où la fait valoir Hannah Arendt, c’est-à-dire qui lance un défi à la responsabilité. Sommes-nous capables d’assumer l’humanité ?

[4] Jean-Paul SARTRE, Cahiers pour une morale, Paris, Gallimard, 1983.

[5] ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, Paris, Garnier-Flammarion, 1965.

[6] Dans Difficile liberté. Essais sur le judaïsme, Levinas indique qu’autrui est « celui qui par son visage ouvre à l’au-delà, invite au dialogue et suscite une vigilance éthique ».

[7] Paul RICOEUR, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1996.

[8] Citation sur Paul Ricoeur, mentionnant la gazette de l’APAG.

[9] Paul RICOEUR, préface du Code de déontologie médicale, Paris, Ed. du Seuil (coll. Points), 1998.

[10] Pierre GIRE, « Penser la responsabilité », Université Catholique de Lyon, colloque de L’ESDES.

[11] Jean Bernard PATURET, De la responsabilité en éducation, Ramonville-Saint-Agne, Erès, 1995.

[12] Julio CORTÁZAR, Façons de perdre, trad. Guille-Bataillon, Paris, Gallimard, 1978.

[13] Friedrich NIETZSCHE, La généalogie de la morale, 1887, II § 2 et 22. Leipzig, 1987, (trad. d’H. Albert, Paris, 1900, rééd. Nathan, 1985).

[14] Pierre GIRE, « Penser la responsabilité », Université Catholique de Lyon, colloque de l’ESDES.

[15] Max WEBER, Le savant et le politique, Paris, Plon, 1995.

[16] Au début de la « Deuxième dissertation » de La Généalogie de la morale, dans « La Généalogie de la responsabilité et de la culpabilité qui fondent le devoir », Nietzsche évoque la longue histoire des origines de la responsabilité.

[17] Gilbert SIMONDON, L’individuation psychique et collective (IPC), Paris, Aubier, 1989.

[18] Cf. séminaire commun de la Chaire Travail social et du GRIF-La LISE sur « Autorité et pouvoir ».

[19] Gilbert SIMONDON, ibid.

[20] Ludwig WITTGENSTEIN, Leçons et conversations sur l’esthétique, la psychologie et la croyance religieuse suivies de Conférence sur l’Éthique, Paris, Gallimard, 1992.

[21] Philippe CORCUFF, La Société de verre : pour une éthique de la fragilité, Paris, Armand Colin, 2002.

[22] Norbert ELIAS, La société des individus, Paris, Fayard, 1997.

[23] Hannah ARENDT, « La responsabilité collective », in Ontologie et Politique, Paris, Ed. Tierce, 1989.

[24] Jean-Louis GARDIES (1925-2004), « La rationalité pratique à l’épreuve de la relativité des normes », Revue philosophique, n° 1, 1979.

[25] Cf. Hans JONAS, Le principe responsabilité, Paris, Flammarion, 1998. Analyser les formes d’agir caractéristiques de la civilisation technologique est le souci qui domine la réflexion éthique développée dans « le principe responsabilité ».

[26] Cf. Emmanuel LEVINAS, Éthique et infini, chap. 8 « La responsabilité pour autrui », (1981), Paris, le Livre de poche, 1997. Il présente un nouvel humanisme centré sur l’expérience du visage comme dévoilement de la fragilité et devoir de responsabilité. Le visage d’autrui est infini, et par sa nudité et l’exhibition de sa faiblesse, il assigne une responsabilité infinie qui est élection en même temps qu’obligation.

[27] Jean-Louis GÉNARD, La grammaire de la responsabilité, Paris, Ed du Cerf, 1999.

[28] Max PAGÈS, « La responsabilité : vers une radicale modération », Nouvelle revue de psychosociologie, n° 2, 2006/2.

[29] Robert CASTEL, Claudine HAROCHE, Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi. Entretiens sur la construction de l’individu moderne, Paris, Fayard, 2001.

[30] Francis GUIBAL, La gloire en exil. Le témoignage philosophique d’Emmanuel Levinas, Paris, Ed. du Cerf, 2004.




4 Messages de forum

  • La responsabilité individuelle n’est pas toujours comprise dans les institutions du secteur social où des enjeux autres s’exercent, souvent avec des employeurs réticents à dénouer "la maltraitance institutionnelle" ; l’éthique voudrait que nos regards sur les actes posés soient signalés comme ayant de graves répercussions sur les accueillis. Une zone de non droit est toujours présente et les pressions sur le travailleur social un empêchement de parler.
    Il faut taire.....
    La parole si souvent mise en avant dans ce secteur est souvent détournée quand il s’agit de parler des problèmes de fonctionnement et de maltraitance interne.
    Pour porter l’éthique dans ce secteur d’activités, il faut une volonté prégnante, tant les mécanismes de défense sont puissants.
    Personnellement je me bats depuis 2005 pour la reconnaissance d’une maltaitance et violence instittutionnelle connue par les tutelles depuis 2003 ; il semble bien que pour que cette réalité soit prise en compte, même au niveau pénal, je vais être dans l’obligation d’en référer aux instances européennes !
    J’assume la responsabilité et je revendique l’éthique dans le travail social ; et je paie mon engagement de cinq années d’harcèlement à mon encontre par une structure dangereuse, de pressions insidieuses d’acteurs de l’établissement, d’attaques du conseil général, ect...
    C’est un tableau inquiétant.
    mylène hadelin
    art thérapeute

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  • Je subis de nombreuses pressions pour avoir divulgué des courriels (à mon employeur associatif) de mon directeur d’établissement (MECS) que j’ai qualifiés de "peu éthiques" par rapport aux enfants accueillis, voire "incitatifs à la violence" par rapport aux équipes éducatives. Ces courriels ne trouvent aucun écho favorables ni auprès du CG de mon département, ni du juge pour enfants, ni du procureur, ... auxquels ils ont été transmis.
    J’ai imaginé les transmettre à un comité d’éthique pour lui demander de prendre position mais vue la situation conflictuelle que cette révélation à généré (je suis sous le coup d’une mesure de licenciement) je crains que l’on me taxe de vouloir instrumentaliser à mon profit un tel comité. Ce que je comprends par ailleurs.
    Vous qui semblez avoir vécu une situation similaire, pourriez vous m’informer de l’état de vos démarches et de votre situation car je ne sais plus vraiment quoi faire. Merci de ce que vous pourrez faire dans ce sens.

    Voir en ligne : Responsabilité éthique du travail social envers autrui et envers la société : une question complexe

    Répondre à ce message

    • Cela pose plusieurs questions :
      Comment stratégiquement interpeller sa hiérarchie tout en se protégeant,
      soit seul mais alors les écrits laissent des traces et obligent à des positionnements officiels, et sommes nous légitimes pour mettre en question de cette façon, les différents niveaux de hiérarchie ont ils été respectés,sous quel angle peut on interpeller ( quelle difficulté de travail sur le terrain au quotidien ?)
      oralement,voire en entretien, cela permet de laisser de la marge aux interlocuteurs et être entendu sans que ça ne soit dit (publiquement, on ne peut mettre en cause la hiérarchie)
      soit collectivement, d’abord en équipe, ensuite par le biais syndical
      il s’agit d’une question éminemment politique et sensible, ce sont les associations militantes qui vont au charbon aujourd’hui,dans différents départements avec information à la presse, (resf, ldh...), elles peuvent être sollicitées.
      Seul, c’est se jeter dans la gueule du loup
      ou alors poser un problème concret de travail et demander quelle attitude tenir par écrit.

      Répondre à ce message

  • Qu’en est-il de la responsabilité morale, pénale ou civile des travailleurs sociaux qui, par des interventions mal appropriées, ou bien manipulés par un tiers, font éclater un cadre familial stable et équilibré, mettant par là-même en danger des enfants ? Ce genre d’action ne relève-t-il pas d’une violence psychologique gratuite de la part des travailleurs sociaux ?

    Répondre à ce message

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