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ESPACE SOCIAL - Revue du Carrefour National de l'Action Educative en Milieu Ouvert








Pti coup de ras llbol
Envoyé par: Jeaxelle ()
Date: mardi 20 novembre 2018 15:17:43

Comment dire ? Si je racontais, je vous assure, si je racontais, ça serait trop long…trop ennuyeux.

Mais aujourd’hui j’ai peur, peur que prend la tournure de ce métier, peur de me dire « ha mais c’est ça en fait éduc spé ??? Oui, non cela ne valait pas la peine de me taper un mémoire sur la socialisation, pas la peine d’assister à des conférences interminables sur la sanction, sur la médiation, l’autorité, et j’en passe »

Où est passé ce métier, si difficile, si emmerdant ? Oui c’était vraiment un métier difficile, y’a encore … pas si longtemps
Ce métier dans lequel on réfléchit, on analyse, on rêve, on se parle, on s’écoute, on écoute.

Celui pour lequel jme suis pris la tête, j’ai espéré, j’ai pleuré.
Celui pour lequel j’ai travaillé et j’ai essayé d’accompagner pour que ce jeune vive avec son histoire, cet homme vive avec son handicap.
Celui pour qui ont a créé des partenaires pour socialiser, créer des lieux de rencontres, des espaces, des repères nouveaux pour aider à grandir, pour aider à parler, pour « mettre les maux en mots »
Celui pour lequel on essaie de se désaliéner, pour destigmatiser, pour lequel normal n’est qu’un concept. « Nous sommes des normalopathe » disait J.Oury.

Tiens d’ailleurs ou sont passé les penseurs, les essayistes, ceux sur qui nous nous sommes appuyé pour penser, ceux qui nous ont saoulé tous du long une formation. Ou sont-ils ???
Ou sont passé les prises de tête ? Les débats ? Les idées ?
Ou sont passé ceux qui passaient à côté des normes, qui passaient à côtés des codes sociaux ?
J’ai cru comprendre qu’il fallait faire avec, et non, faire comme…
Ou est tu passé, le monde des possibles, le monde d’à côté ?
C’était quand déjà le moment où on apprenait à vivre avec son histoire ? « À vivre avec »en fait ?

Ha oui, et bien oui….
Ce métier, ou l’ont fait avec sa différence est devenu le métier ou l’ont tâche de faire de l’autre un être normal, répondant au plus près des normes, des idéologies.

Ce métier, je ne le reconnais plus, il est devenu obéissant, relâche prise lorsque quelques cas trop différents se présentent, éjecte, oublie.
Les temps de pensées sont devenus des temps « pour faire », on a plus le temps, on ne prend plus le temps, on vient on traite on part.
On ne surprend plus, on s’interroge comme au bistrot.

Puisqu’il est plus important que le « client » soit propre, rasés, peigné, puisqu’il est plus important que la différence ne se voit pas trop, maintenant, figurez-vous qu’il faut « protéger » du regard de l’autre… si si

J’ai été naïve,
Pourtant je me souviens de ce temps, j’ai peut-être rêvé après tout.
Aujourd’hui, me voilà dans la grande spirale, du monde des oubliés, du monde des cachés, qu’il faut cacher encore. Je me suis entendus dire l’autre jour « on travail quand en fait ? »

Ha oui,
J’ai oublié de m’adresser à toi, qui voit cela et qui ne fait rien, qui voit cela et qui ne réagit plus :
Et bien ton établissement (comme tant d’autres d’ailleurs) est malade, il va mal, dedans on ne pense plus. Tu t’en fou, je le sais bien.

On a réuni des personnes fraîchement diplômes de tout horizon, on leur fait croire que « la norme existe » ici avec des adultes pas vraiment normaux, avec des adultes qui ressemblent parfois à des enfants, parfois à des allumés…
C’est triste de se dire que leur vie est condamnée, ils sont condamnée à essayer de ne pas être trop débiles, ou, trop fou…Ils sont condamnés à devenir normaux, eux, qui ne pourront jamais l’être.

Ton établissement tu en as fait un champ de bataille, un lieu où l’on vient régler ses problèmes, ou l’on ne se parle plus. Un lieu pour les professionnels, oui, tu vois à force de ne plus penser on devient con. On oublie qu’on n’est pas venus pour sa copine, mais pour le mec dans sa chambre qui attend toute la journée.
C’est bien de laisser faire les choses comme ça…
Ainsi, tu me diras ce n’est plus un métier très compliqué, plus d’intérêt de penser avec du sens, plus d’intérêt de creuser un peu.
Il suffit de gommer rapidement ce qui fait moche chez ces personnes, il suffit de ne pas trop sortir, le reste on verra plus tard.
Oui, il suffit en fait de faire comme la société nous dit de faire.
Après tout on n’a pas vraiment besoin de penser.
Je suis triste d’imaginer que le social maintenant c’est ça, un métier pas compliqué.

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