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mercredi 12 novembre 2008

Rased et maternelles : alerte sur l’école publique

Deux métiers sont actuellement en train d’être supprimés de l’Education nationale par les députés et le gouvernement. Devant le succès de la mobilisation (plus de 100 000 signatures en quinze jours) la majorité s’affole et oppose des arguments fallacieux. De quels métiers s’agit-il ?

D’abord, des instits de maternelle chargés des tout-petits : Les classes des deux ans seraient remplacées par des "jardins d’éveil" privés et donc payants (lire ci-contre le rapport de la sénatrice Monique Papon qui s’appuie entre autres sur le précédent rapport Bentolila ).

Niant sans aucun scrupule les données statistiques qui prouvent qu’une scolarisation précoce dans de bonnes conditions (et qui n’a rien à voir avec une quelconque surveillance de sieste ou autre change-culotte ) est facteur de réduction des inégalités sociales, les auteurs du rapport souhaitent supprimer purement et simplement un outil d’intégration scolaire et donc sociale pour l’échanger contre un système privé payant dont on peut déjà deviner les conséquences sociales.

Les enseignants spécialisés travaillant dans les réseaux d’aides aux élèves en difficulté (RASED).

Des discours spécieux sur l’Education, ce "commerce comme les autres".

Les discours tenus sont totalement mensongers et les arguments fallacieux. Comment croire quelqu’un qui affirme que le travail fait actuellement par les Rased ne correspond pas à la réalité de la difficulté scolaire lorsque tout prouve le contraire ?

Prétendre que les Rased sont inefficaces car il reste 15% d’enfants en échec scolaire est du même type que prétendre que les antibiotiques sont inefficaces au prétexte que certains malades y sont allergiques. Tout ce discours est un mensonge permanent qui n’a qu’un seul but : faire des économies et favoriser l’éclosion de la nouvelle société régie par l’AGCS, l’accord général sur les commerces et les services :

L’Education nationale deviendra un "service" comme les autres, sous-entendu un "commerce" comme les autres, non seulement rentable mais pouvant générer de gros bénéfices.

Une députée de la majorité ne le cache pas :

"Il faut remettre les enseignants spécialisés dans des classes normales et si des élèves ont des difficultés, les orienter vers les CMPP et autres thérapeutes."

Les CMPP sont tous saturés, six mois d’attente pour la plupart. Quant aux thérapeutes libéraux, qui peut se les offrir ? (N’oublions pas le surcoût engendré alors pour la Sécurité sociale.).

Un pas en arrière dans la lutte contre l’échec scolaire

De plus, dans leur majorité, les élèves pris en charge par les Rased ne relèvent pas de structures extérieures. Leur difficulté durable dans la classe est prise en compte dans l’école par une équipe d’enseignants professionnels spécialisés et généralistes, en collaboration avec les parents. L’argument qui consiste à dire que ces enfants, lors de leur prise en charge par le Rased, sont stigmatisés par leur sortie de la classe est fallacieux :

• d’une part, parce que l’enfant qui, en classe, s’ennuie, s’agite, ne comprend pas, est volontaire pour cette prise en charge en dehors de la classe et soulagé par cet espace d’expression qui lui est donné.

• d’autre part, parce qu’une autre prise en charge extérieure à l’école se fera quasi-naturellement pendant le temps scolaire : les CMPP ne travaillent ni le samedi, ni le dimanche ni la nuit et les mercredis ne comportent que 8 heures !

Faire cesser la prise en charge en petits groupes ou individuelle des élèves en difficulté équivaut à supprimer purement et simplement un grand volet de la lutte contre l’échec scolaire. La mise en place (laborieuse) des heures de soutien par les enseignants généralistes ne correspond absolument en rien aux besoins des élèves les plus en difficulté.

Prétendre que tout ce changement annoncé n’est pas une suppression de poste est aussi un argument mensonger puisque, en "sédentarisant" les enseignants spécialisés et en les confinant dans une classe normale, on leur retire : leur spécialité, leur action spécifique et leur action en Réseau. La destruction de ces métiers est sans précédent dans l’Education Nationale. Ce n’est pas vouloir garder un privilège que de se battre pour le maintien des aides spécialisées à l’école. C’est croire que tous les élèves auront encore une chance de réussite à l’école.

Par Vincent Mérand

Voir en ligne : http://www.rue89.com/2008/11/05/ras...





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