Un regard...
en 652 articles
et 367 signatures d'auteurs
sur l'essentiel de la presse du TRAVAIL SOCIAL

Partenaire « Presse » sur OASIS
Fondements théoriques - Questionnements éthiques - Pratiques professionnelles - Évolution des questions sociales - Un partage du quotidien, une ouverture sur l'avenir...







mercredi 12 novembre 2008

Rased et maternelles : alerte sur l’Ă©cole publique

Deux mĂ©tiers sont actuellement en train d’ĂŞtre supprimĂ©s de l’Education nationale par les dĂ©putĂ©s et le gouvernement. Devant le succès de la mobilisation (plus de 100 000 signatures en quinze jours) la majoritĂ© s’affole et oppose des arguments fallacieux. De quels mĂ©tiers s’agit-il ?

D’abord, des instits de maternelle chargĂ©s des tout-petits : Les classes des deux ans seraient remplacĂ©es par des "jardins d’Ă©veil" privĂ©s et donc payants (lire ci-contre le rapport de la sĂ©natrice Monique Papon qui s’appuie entre autres sur le prĂ©cĂ©dent rapport Bentolila ).

Niant sans aucun scrupule les donnĂ©es statistiques qui prouvent qu’une scolarisation prĂ©coce dans de bonnes conditions (et qui n’a rien Ă  voir avec une quelconque surveillance de sieste ou autre change-culotte ) est facteur de rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s sociales, les auteurs du rapport souhaitent supprimer purement et simplement un outil d’intĂ©gration scolaire et donc sociale pour l’Ă©changer contre un système privĂ© payant dont on peut dĂ©jĂ  deviner les consĂ©quences sociales.

Les enseignants spĂ©cialisĂ©s travaillant dans les rĂ©seaux d’aides aux Ă©lèves en difficultĂ© (RASED).

Des discours spĂ©cieux sur l’Education, ce "commerce comme les autres".

Les discours tenus sont totalement mensongers et les arguments fallacieux. Comment croire quelqu’un qui affirme que le travail fait actuellement par les Rased ne correspond pas Ă  la rĂ©alitĂ© de la difficultĂ© scolaire lorsque tout prouve le contraire ?

PrĂ©tendre que les Rased sont inefficaces car il reste 15% d’enfants en Ă©chec scolaire est du mĂŞme type que prĂ©tendre que les antibiotiques sont inefficaces au prĂ©texte que certains malades y sont allergiques. Tout ce discours est un mensonge permanent qui n’a qu’un seul but : faire des Ă©conomies et favoriser l’Ă©closion de la nouvelle sociĂ©tĂ© rĂ©gie par l’AGCS, l’accord gĂ©nĂ©ral sur les commerces et les services :

L’Education nationale deviendra un "service" comme les autres, sous-entendu un "commerce" comme les autres, non seulement rentable mais pouvant gĂ©nĂ©rer de gros bĂ©nĂ©fices.

Une dĂ©putĂ©e de la majoritĂ© ne le cache pas :

"Il faut remettre les enseignants spécialisés dans des classes normales et si des élèves ont des difficultés, les orienter vers les CMPP et autres thérapeutes."

Les CMPP sont tous saturĂ©s, six mois d’attente pour la plupart. Quant aux thĂ©rapeutes libĂ©raux, qui peut se les offrir ? (N’oublions pas le surcoĂ»t engendrĂ© alors pour la SĂ©curitĂ© sociale.).

Un pas en arrière dans la lutte contre l’Ă©chec scolaire

De plus, dans leur majoritĂ©, les Ă©lèves pris en charge par les Rased ne relèvent pas de structures extĂ©rieures. Leur difficultĂ© durable dans la classe est prise en compte dans l’Ă©cole par une Ă©quipe d’enseignants professionnels spĂ©cialisĂ©s et gĂ©nĂ©ralistes, en collaboration avec les parents. L’argument qui consiste Ă  dire que ces enfants, lors de leur prise en charge par le Rased, sont stigmatisĂ©s par leur sortie de la classe est fallacieux :

• d’une part, parce que l’enfant qui, en classe, s’ennuie, s’agite, ne comprend pas, est volontaire pour cette prise en charge en dehors de la classe et soulagĂ© par cet espace d’expression qui lui est donnĂ©.

• d’autre part, parce qu’une autre prise en charge extĂ©rieure Ă  l’Ă©cole se fera quasi-naturellement pendant le temps scolaire : les CMPP ne travaillent ni le samedi, ni le dimanche ni la nuit et les mercredis ne comportent que 8 heures !

Faire cesser la prise en charge en petits groupes ou individuelle des Ă©lèves en difficultĂ© Ă©quivaut Ă  supprimer purement et simplement un grand volet de la lutte contre l’Ă©chec scolaire. La mise en place (laborieuse) des heures de soutien par les enseignants gĂ©nĂ©ralistes ne correspond absolument en rien aux besoins des Ă©lèves les plus en difficultĂ©.

PrĂ©tendre que tout ce changement annoncĂ© n’est pas une suppression de poste est aussi un argument mensonger puisque, en "sĂ©dentarisant" les enseignants spĂ©cialisĂ©s et en les confinant dans une classe normale, on leur retire : leur spĂ©cialitĂ©, leur action spĂ©cifique et leur action en RĂ©seau. La destruction de ces mĂ©tiers est sans prĂ©cĂ©dent dans l’Education Nationale. Ce n’est pas vouloir garder un privilège que de se battre pour le maintien des aides spĂ©cialisĂ©es Ă  l’Ă©cole. C’est croire que tous les Ă©lèves auront encore une chance de rĂ©ussite Ă  l’Ă©cole.

Par Vincent MĂ©rand

Voir en ligne : http://www.rue89.com/2008/11/05/ras...





Chercher :   
Tous les mots  L'un ou l'autre
Dans l'Annuaire des sites
Sur le WEB






Noël des DALOs et des sans logis
2012. Aux urnes, Handicaps ou pas ! Oui, mais comment ?
Master situation de handicap et participation sociale
FNEJE : la rĂ©gression sociale est en route !
Les agents de l’action sociale et mĂ©dico-sociale du DĂ©partement des Bouches-du-RhĂ´ne, premiers acteurs de la dĂ©fense de la protection de l’enfance, laissĂ©s seuls Ă  leur combat !
Les Assistants sociaux Education Nationale du 92 se mobilisent
Suicide d’un adolescent Ă  l’EPM d’Orvault : l’Etat continue de tuer
Pour des Etats gĂ©nĂ©raux de l’enfance « alternatifs »
Situation des exilés Afghans
Les associations s’engagent pour préserver la formation par alternance.
Une Europe qui protège les services sociaux dans les états-membres excepté en France
ATTENTION, MINEURS, CATEGORIE DANGEREUSE !
Des vigiles dans les foyers ! Et pourquoi pas des foyers dans les commissariats ?
La CGT du Conseil GĂ©nĂ©ral de l’Essonne dĂ©fend le secret professionnel des travailleurs sociaux et les usagers
MalgrĂ© la pauvretĂ©, le pouvoir d’agir
A la CRAMIF : des « suicidĂ©s professionnels »
En 2007, la pauvretĂ© s’est aggravĂ©e
Grève au Conseil Général des Bouches du Rhône
Suppression du DĂ©fenseur des Enfants
Plan Jeunes - Un plan qui oublie les jeunes les plus précaires
La PJJ va-t-elle vers un suicide collectif ?
La suppression du DĂ©fenseur des enfants est une injure faite Ă  la protection de l’enfance
Suppréssion du Défenseur des enfants
Nouveau site de la FNEJE
Un fonds pour punir mais pas pour protéger
Appel Ă  la constitution de services sanitaires et sociaux de RĂ©sistance
L’ONES a dĂ©cidĂ© de rĂ©agir au sujet des documents de l’ONED
Samedi 02 mai - TRAVAIL & DEMOCRATIE - Premier Acte public
Les SSIG : un pas de plus vers la marchandisation du social ?
Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne : pĂ©tition nationale unitaire