Un regard...
en 652 articles
et 367 signatures d'auteurs
sur l'essentiel de la presse du TRAVAIL SOCIAL

Partenaire « Presse » sur OASIS
Fondements théoriques - Questionnements éthiques - Pratiques professionnelles - Évolution des questions sociales - Un partage du quotidien, une ouverture sur l'avenir...







jeudi 13 novembre 2008

Reprise des charters : la France sacrifie les Afghans

Combien des jeunes Afghans que la France et la Grande-Bretagne s’apprĂŞtent Ă  expulser par "charters" vont-ils mourir ? Quand succomberont-ils et comment ? Telles sont les questions incontournables qui se posent Ă  quelques jours du dĂ©collage, en direction de Kaboul, du premier "vol groupĂ©" franco-anglais depuis 2005.

Officiellement informĂ© de l’imminence de l’opĂ©ration, le Haut commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) a discrètement manifestĂ© des rĂ©ticences dans son langage châtiĂ© habituel :

"Les personnes ayant besoin d’une protection internationale au titre du statut de rĂ©fugiĂ© de la Convention de Genève de 1951 ou d’autres formes de protection complĂ©mentaire ne devraient pas ĂŞtre expulsĂ©s vers l’Afghanistan."

Près de Calais, des rafles sélectives

Qu’Ă  cela ne tienne : dans le Calaisis, les rafles sĂ©lectives d’Afghans ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©es. Rapidement vidĂ© de ses autres occupants, le centre de rĂ©tention de Coquelles a soudain "accueilli" une soixantaine d’Afghans qui ne se doutent encore de rien. C’est que l’affrètement d’un "charter" coĂ»te cher et que, pour rentabiliser son "investissement", le ministère français de l’Immigration veille Ă  remplir l’appareil.

A ce souci de la gestion des deniers publics, s’en ajoute un autre -contradictoire : celui du respect apparent du droit international qui interdit les "expulsions collectives".

Comme d’ordinaire en pareilles circonstances, Brice Hortefeux s’efforce donc de maquiller Ă  l’aveuglette l’illĂ©galitĂ© Ă  coups d’autant de dĂ©cisions individuelles stĂ©rĂ©otypĂ©es d’Ă©loignement qu’il y a des sièges disponibles dans l’avion. En bon Etat de droit d’opĂ©rette, la France se doit de sauver... les apparences.

MassacrĂ©s au pays après avoir Ă©tĂ© expulsĂ©s d’Australie

Les apparences peut-ĂŞtre. Certainement pas tous les jeunes Afghans du voyage, dont on ne saura pas de quoi quelques-uns vont inĂ©vitablement mourir. Seront-ils abattus, voire dĂ©capitĂ©s, comme, il y a un mois, le furent plusieurs expulsĂ©s par l’Australie ?

S’ajouteront-ils Ă  la liste des 1 445 civils afghans tuĂ©s depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2008, selon le dernier dĂ©compte de l’ONU qui relève la multiplication par six du nombre des victimes non combattantes en Afghanistan au cours des derniers mois ?

Ou bien vont-ils tout simplement mourir de faim dans un pays sur lequel diverses institutions internationales ont rĂ©cemment Ă©mis des alertes Ă  la famine passĂ©es inaperçues, par exemple l’USAID, selon laquelle, dans 15 des 34 provinces d’Afghanistan, la pĂ©nurie alimentaire fait craindre un hiver meurtrier, tandis qu’elle serait "moyenne" dans huit autres, y compris Kaboul ?

De ces condamnations Ă  mort, le gouvernement français se moque. Pour lui, le principal est ailleurs. Sept ans après la fermeture, en dĂ©cembre 2002, du camp de Sangatte dĂ©cidĂ©e par le ministre de l’IntĂ©rieur de l’Ă©poque, Nicolas Sarkozy, il faut Ă  tout prix tenter encore de nettoyer le Calaisis des centaines d’exilĂ©s, parmi lesquels beaucoup d’Afghans, qui continuent Ă  essayer d’y survivre, cachĂ©s dans leurs "jungles".

Par leur prĂ©sence, ils narguent les autoritĂ©s françaises qui avaient imprudemment annoncĂ© que la fin du camp entraĂ®nerait leur disparition. Sauver la face au prix de quelques vies afghanes ? Qu’Ă  cela ne tienne...

Jean-Pierre Alaux - permanent au GISTI

Voir en ligne : Site du GISTI





Chercher :   
Tous les mots  L'un ou l'autre
Dans l'Annuaire des sites
Sur le WEB






Noël des DALOs et des sans logis
2012. Aux urnes, Handicaps ou pas ! Oui, mais comment ?
Master situation de handicap et participation sociale
FNEJE : la rĂ©gression sociale est en route !
Les agents de l’action sociale et mĂ©dico-sociale du DĂ©partement des Bouches-du-RhĂ´ne, premiers acteurs de la dĂ©fense de la protection de l’enfance, laissĂ©s seuls Ă  leur combat !
Les Assistants sociaux Education Nationale du 92 se mobilisent
Suicide d’un adolescent Ă  l’EPM d’Orvault : l’Etat continue de tuer
Pour des Etats gĂ©nĂ©raux de l’enfance « alternatifs »
Situation des exilés Afghans
Les associations s’engagent pour préserver la formation par alternance.
Une Europe qui protège les services sociaux dans les états-membres excepté en France
ATTENTION, MINEURS, CATEGORIE DANGEREUSE !
Des vigiles dans les foyers ! Et pourquoi pas des foyers dans les commissariats ?
La CGT du Conseil GĂ©nĂ©ral de l’Essonne dĂ©fend le secret professionnel des travailleurs sociaux et les usagers
MalgrĂ© la pauvretĂ©, le pouvoir d’agir
A la CRAMIF : des « suicidĂ©s professionnels »
En 2007, la pauvretĂ© s’est aggravĂ©e
Grève au Conseil Général des Bouches du Rhône
Suppression du DĂ©fenseur des Enfants
Plan Jeunes - Un plan qui oublie les jeunes les plus précaires
La PJJ va-t-elle vers un suicide collectif ?
La suppression du DĂ©fenseur des enfants est une injure faite Ă  la protection de l’enfance
Suppréssion du Défenseur des enfants
Nouveau site de la FNEJE
Un fonds pour punir mais pas pour protéger
Appel Ă  la constitution de services sanitaires et sociaux de RĂ©sistance
L’ONES a dĂ©cidĂ© de rĂ©agir au sujet des documents de l’ONED
Samedi 02 mai - TRAVAIL & DEMOCRATIE - Premier Acte public
Les SSIG : un pas de plus vers la marchandisation du social ?
Pas de bĂ©bĂ©s Ă  la consigne : pĂ©tition nationale unitaire