Un regard...
en 650 articles
et 365 signatures d'auteurs
sur l'essentiel de la presse du TRAVAIL SOCIAL









mardi 25 mars 2008
Faisons de nos rêves une réalité !
MAI 2008. La rue aussi, la rue encore. Fiction ou réalité ?
par Véronique DELORD



Mai 68, le dernier soubresaut ?

Alors que la jeunesse et le « petit peuple » se réveillent dans plusieurs continents (Allemagne, Etats-Unis, Tchécoslovaquie, Japon, Italie, Mexique, Brésil Chine etc.), bien au-delà des enjeux politiques, la fin des années 60 et le début des années 70 correspondent en France à l’éclatement d’une société rigidifiée, fossilisée depuis des siècles dans ses codes, ses rapports humains. La société française vit étriquée, ficelée, asphyxiée avec, à la clef, un développement urbain et une consommation à tout crin. L’individu est pris dans une sorte de tourbillon qui pèse de tout son poids sur notre quotidien comme si nous n’étions que des numéros, des machines à produire et à consommer... Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Aussi, Mai 68, et ce jusqu’à la fin des années 70, représente une période de renversement, non seulement des valeurs, héritage des siècles passés, mais aussi une tentative désespérée de stopper cette société dite de « consommation ». Un cri, une alerte, un SOS face aux enjeux politiques, économiques, au pouvoir de l’argent, au pouvoir tout court. Un soubresaut, peut-être le dernier ?

Nous disons alors, bien maladroitement souvent, que nous ne voulons plus de tous ces moyens superficiels sur lesquels s’appuie la société : non, posséder n’est pas Etre. Nous, les jeunes, sommes en demande de reconnaissance, de respect pour ce que chacun peut être, pas pour notre richesse matérielle. Nous refusons de brader l’Etre pour l’avoir. Nous retournons alors à la nature, au dénuement, au dépouillement, à des valeurs simples. Nous mettons ainsi en avant notre souhait d’harmonie avec notre bonne vieille Terre dont nous devinons l’épuisement potentiel. Précurseurs du développement durable, nous préfèrons vivre à son rythme, la respecter et cesser de la déposséder.

Nous trouvons alors n’importe quels prétextes pour dire : « Halte ! Arrêtons-nous ! Regardons autour de nous ! Regardons où nous en sommes dans cette folie dévastatrice ! ».

Aussi, en ce début de 3ème millénaire, j’ai honte de n’avoir pas fait plus. J’ai honte de la Terre que nous laissons à nos enfants. Je souffre des douleurs qu’ils ressentiront, des blessures géologiques que nous infligeons à notre Monde. J’ai honte de nous voir précipités à notre perte dans ce grand suicide collectif orchestré par des gens qui eux, pensent qu’ils seront toujours à l’abri.

Aujourd’hui, se passe tout ce que les jeunes des années 70, les fameux « Soixante-Huitards », les « Hippies » du Flower Power, les protagonistes du Summertime, et puis ensuite les « Baba Cool » ne voulaient surtout pas. C’est le message que je voudrais adresser aux nouvelles générations. Leur dire que nous avons essayé mais que même si des horizons nouveaux se sont ouverts durant cette crise féconde, si de ce terreau ont surgi bien des libertés, c’est dans l’ensemble un échec au regard du péril que nous faisons courir à la planète envers et malgré tout. A cette époque en effet, il était encore temps de renverser la vapeur, quand en trois décennies à peine, des ravages irréversibles avaient déjà été accomplis. En 2008, n’est-il pas déjà bien trop tard même si certaines précautions ralentiront peut-être l’inéluctable dénouement ?

Notre société, cohérente dans son processus de destruction, a produit des êtres extrêmement seuls, préoccupés avant tout de la satisfaction de leurs besoins. Lentement mais sûrement, elle a précipité alors des personnes sans ressources dans le désespoir car leur image, sortant du rang, n’était pas construite sur le modèle du consommateur-type. Quel poids social pour celui qui ne peut s’offrir les modèles dernier cri de bagnole, d’ordinateur ou de téléphone portable ?

Ces effets sont particulièrement remarquables chez les jeunes qu’on voit dans la rue porteur de tout un attirail technologique (MP3, baladeur etc.). Mais que peuvent donc faire les parents qui n’ont pas les moyens d’assurer financièrement face à un désir aussi matériel d’affirmation identitaire ?

Nous nous trouvons donc bien au coeur de l’avoir et non pas de l’Etre. Ou bien de l’Etre qui passe nécessairement par l’avoir. Ceci touchant encore avec plus de force les plus fragilisés dans leur vie, leur histoire, leur corps.

Notre société est devenue implacable et s’est à nouveau rigidifiée. Elle semble centrée sur la personne mais ne le fait qu’à travers l’acte de consommer, ceci se traduisant par un individualisme à outrance, le mépris des autres et des règles de vie ensemble, des solidarités défaillantes. Et surtout, beaucoup de désespérance.

MAI 2008 – La rue aussi, la rue toujours. Fiction ou réalité ?

Si nous proposions un référendum aux soixante-huitardifs ou non, aux citoyens de France, d’Europe, des Etats Unis et de bien d’autres pays du Monde afin de savoir si nous souhaitons réellement cette société d’aujourd’hui, je suis quasi certaine que plus des trois quarts d’entre nous répondraient par la négative et seraient capables de descendre à nouveau dans la rue pour dire « NON ».

Imaginez-vous, un instant, la tête de nos anciens détracteurs et de leurs sympathisants actuels, nous voyant débarquer dans la rue, semant à nouveau le trouble ! Plus pacifistes que jamais et expérimentés cette fois, ayant pris du recul sur les événements, bardés d’arguments... ! 40 ans, donnons-nous enfin raison quand l’Histoire s’en est déjà chargée ! Avant qu’on ne nous prenne alors pour des vieux, croûlants et séniles, rappelons que nous sommes toujours là, que nous veillons !

Il ne s’agit plus de descendre dans la rue pour défendre telle ou telle cause, non ; il nous faut sortir à nouveau de cette torpeur insidieuse dans laquelle nous (nous) sommes de nouveau installés et formatés. Appuyons de tout notre poids la légitimité des instances démocratiques qui se sont mises en place surtout après 2002, tels les cafés Citoyens par exemple. Développons-les. Favorisons les échanges et les débats dans les facultés, les entreprises. Faisons-en un droit, une composante de la vie citoyenne. Investissons de plus belle la sphère publique. Continuons de créer et de rebâtir d’autres solidarités quand le tissu social se délite. Affirmons que nous voulons une société vraiment solidaire, qui n’écrase pas l’Homme mais le relève.

Il y a eu les 10 ans, puis les 20 et 30 ans de Mai 68, autant d’anniversaires qui pourraient à la fin, faire figure d’anciens combattants, qu’en pensez-vous ? En 2008, ne vous semble-t-il pas que nous avons à transmettre ? Nos enfants nous survivront et nous suivront. « Les barricades ferment la rue mais ouvrent la voie ».

N’avons-nous pas encore notre mot à dire en héritage direct de ce que nous pouvions défendre à l’époque ? N’avons-nous pas des raisons (d’)idéales ?

Ne sentez-vous pas encore en vous cette formidable énergie et cet inaltérable espoir qu’une simple chanson fredonnée des Beatles ou des Stones réveille, symbole d’ une dimension libératrice et politique ?

En MAI 2008, descendons dans la rue pour dire NON !

Descendons dans la rue pour mieux vivre ensemble et peser sur les décisions qui nous concernent

Marquons Mai 2008 d’une pierre blanche !










La création des PRAHDA
Définition légale du travail social 10/19
Le pré-rapport de la déléguée de l'ONU sur la prise en charge des personnes handicapées
 



# Dans la même RUBRIQUE
22 Articles

Le rebond du travail social
Travail Social - Travail de la Paix
Manifeste pour un pacte de responsabilité sociale et citoyenne
La CATHODE n’est plus !
La McDonaldisation du travail social : nous y sommes !
Michel CHAUVIERE - L’intelligence sociale en danger
Le travail social à l’épreuve du néo-libéralisme
Travail Social, Droits de l’Homme et Citoyenneté
MOUVEMENT POUR UNE PAROLE POLITIQUE DES PROFESSIONNELS DU CHAMP SOCIAL
L’action sociale anesthésiée ?
Loin des chimères de l’utopie
Fernand Deligny et ses chemins de traverse
« Il a essayé d’aimer »
Les colères de « l’Homme démocratique »
Compte-rendu du meeting du 14 Décembre 2004, à la Halle aux sucres
L’engagement pour valoriser le travail social
La cohésion sociale peut-elle se planifier ?
« Rester ferme sur les principes mais être force de proposition »
Le travail social, chercheur d’homme
Une nécessaire mobilisation des travailleurs sociaux
« Les professionnels doivent réagir collectivement »
L’enjeu du travail social d’intérêt collectif


# Du même AUTEUR
15 Articles

Une saison pas comme les autres
La rue selon Pablo Neruda
Boulevard de la Mer
CHIENNE DE VIE !
Autant de petits bouts de verre
En-bas d’chez moi
Ca roule
Le Meilleur
Bar matinal
Paris / Marseille
J’aime ma rue
Après le bain
ça roule
LAVOISIER
Anka


# A voir sur le WEB
3 Références

Collectif des Associations Citoyennes
 

REPOLITISER L’ACTION SOCIALE.ORG
 

NON à la disparition des Associations
 



1 Message

  • Le petit peuple des étudiants du secteur social se réveille doucement en ce moi de mars 2008.

    Face à une loi venant enfin répondre à certaines attentes des stagiaires, nous étudiants du secteur social devons faire face à un décret pénalisant l’alternance de nos formations alors même que le législateur prévoit de donner une compétence à ces mêmes formateurs en qualité de formateur de terrain.

    Pourquoi de pas créer un véritable statut de stagiaire (reconnu par le code du travail est qui nous assurerez une formation de qualité au lieu de devenir les bouches trous d’un roulement de travail de salarié) afin de créer un cadre à ces temps de formation indispensables de notre point de vu mais également de celui des employeurs car nous sommes les futurs professionnels (sans stages comment nous rendre sujet de notre engagement professionnels).

    Nous étudiants du social devons faire face à un décret pénalisant les différentes branches du secteur social en créant un clivage entre le privé et le public, clivage discriminatoire. Ne sommes nous pas travailleur du social et donc par conviction si ce n’est par action ne devons nous pas bannir la discrimination de nos usages citoyens ?

    Nous étudiants du social devons faire face à un décret pénalisant la réussite même de nos études et par lien car il est toujours question de liens, ne pénalisons nous pas le travail social en lui même en diminuant la diversité et la qualité des associations dispensatrices de nombreux lieux de stage formateurs à plus d’un titre ?

    Enfin, nous étudiants du social devons faire face à une société de plus en plus individualiste. Ce n’est pas le moment d’être corporatiste, ouvrons l’information au public afin de lui donner plus que le pain et les jeux impériaux.

    Nicolas un étudiant qui croie encore aux utopies d’un nous

    Répondre à ce message

Une Réaction, un Commentaire...?


  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)









 

Vos Réactions...


Sur le Forum...

29 décembre 2016
RECONNAITRE ET VALORISER LE TRAVAIL SOCIAL - Un Rapport et 23 Propositions
ces recommandations sont pertinentes.

8 décembre 2016
La maltraitance des personnes âgées vulnérables
Madame, Merci pour cette analyse précise dont j’ai hélas trop tard compris les mécanismes. En effet, je sors de mon silence avec une (...)

13 juin 2016
La maltraitance des personnes âgées vulnérables
la matraitance peut etre du aussi a l etat psychologique des enfants .Enfant depressif, narcissique desociabilise car eux meme sont a la (...)


13 février 2016
La place du social dans la santé
article à lire et à imprimer

7 décembre 2015
"Plume", la revue du CLICOSS 93
est ce possible de recevoir la revue du clicoss 93 du mercredi 07/01/2007 , ?je faisais partie de cet atelier ! merci ,si cela est possible (...)

2 novembre 2015
Définition du Travail Social
Le travail social se base essentiellement sur le sens de l’amour de l’outre ,le sens d ’altruisme , la justice sociale , le (...)


Enquête métier
Recherche de stage gratifiable
CDI ASS
référence éducative [1]
journal et handicap
ETP ou passer son chemin?!
prepa concours
Besoin d'un Réseau de travailleur social su ...
Éducatrice Spécialisée en libéral
Urgent:offre d'emploi CDI+CDD 78 (meulan ,le ...
URGENT OFFRE EMPLOI CDD 95
Poste d'Auxiliaire de Puericulture et EJE en ...
CDD d'AS 6 mois Lyon
Postes d'éducateurs et éducatrices de rue ...
Un cadeau pour progresser dans ses écrits u ...
Dernier document mis en ligne

Le baromètre 115 synthétise les demandes et réponses faites au numéro d’urgence au cours du mois de juillet 2016 dans les 45 départements étudiés et à Paris.

Droits de diffusion

Conformément à la législation sur la propriété intellectuelle, l'ensemble des documents publiés sur OASIS ne peuvent être reproduits sans autorisation. Hormis sur Internet, sont autorisées la reproduction et la diffusion non commerciales des articles du magazine, sous réserve de citation obligatoire des sources.
© OASIS - 1999/2015

| Se connecter | Plan du site | RSS 2.0 |  Contacts |