samedi 14 juin 2003



Pour la conceptualisation de nos pratiques professionnelles

Odile BOUDEAU





Exerçant des métiers de proximité avec différents publics. Face à des demandes et des besoins liés à une société changeante, face à de nouvelles politiques sociales, nous sommes amenés à faire preuve de réflexion, d’innovation et d’expérimentation pour rester fécond sur le terrain et dans la relation à l’humain.


Je fais partie d’un corps professionnel où je défends la construction du social, c’est à dire la force de la relation, de l’autonomie et de la responsabilisation des personnes accueillies, je ne fais pas partie comme le MEDEF essaie de m’y emmener, dans un social uniquement de réparation.

Pour que cette position soit perçue, il nous faut repenser nos habitudes face à nos fonctions en construisant des argumentaires professionnels. Il me semble qu’ils ne peuvent se construirent qu’à partir de la conceptualisation de nos pratiques professionnelles : que défendons-nous ici et maintenant, là où nous travaillons ? Quel est le sens de nos interventions ?

Nous avons été habitués à rédiger des rapports annuels en direction des décideurs. Sont-ils lus, ne seraient-ce que par les dirigeants de nos institutions ? Non, oui ? , pas très souvent, quel dommage. Il est vrai que l’écrit chez les intervenants sociaux est encore source de réticence. Pourtant, l’écriture forge une pensée analytique et amène à définir et à défendre des approches et des méthodologies. C’est bien, ce va et vient continuel entre la pratique et la théorisation de ces pratiques qui font de nos interventions, des interventions qui seront prises en compte par les décideurs et les financeurs. Combien d’associations ou d’organismes se dotent du capital des savoir-faire et des connaissances de leurs salariés ?. Combien de salariés proposent des approches nouvelles à leurs employeurs ?.

Aujourd’hui, le champs social est un vaste domaine d’interventions innovantes et opérationnelles qui s’appuie sur du sens. Ne laissons - pas se développer l’idée trop facile que dans notre secteur professionnel le quantitatif soit l’unique mode de regard des décideurs. Le qualitatif existe. Nous sommes tous d’accord pour dire que le réel produit de la pensée ; élaborer des concepts est à mon avis un moyen pour diffuser des réflexions dans un esprit de responsabilité et de co-responsabilité plutôt que dans esprit de destin. Ne nous laissons pas amputer de cet outil.

Odile BOUDEAU




Pour citer cet article :

Odile BOUDEAU - « Pour la conceptualisation de nos pratiques professionnelles » - OASIS - Le Portail du Travail Social - http://www.travail-social.com. - juin 2003.